48 heures pour créer le média innovant de demain

27 mars 2013

La Medialab session a eu lieu du 22 au 24 mars dernier à Sup Internet, école supérieure des métiers de l’Internet. Le programme était simple : 48 heures pour inventer le média de demain. Ambitieux pour les jeunes et moins jeunes équipes qui se sont présentées le vendredi soir. L’idée n’était pas de révolutionner les médias dans leur ensemble mais de donner une voix à ceux qui ont une capacité à imaginer quel média pourrait manquer au paysage. Et comment le faire tenir debout. Développeurs, designers, entrepreuneurs et journalistes ont donc été confrontés dès le premier soir à ce que pouvait être la réalisation d’un média, accompagnés par des mentors (Philippe CouveYann Guégan et Gilles Bruno pour les journalistes et , Pierre Romera, côté développeurs, entre autres). Le tout sous la houlette du parrain, Alexandre Malsch, fondateur de Melty.

Vendredi soir : l’épreuve de la rencontre

Sur le campus, des salles de classe avaient été réservées pour que chaque équipe puisse brainstormer et progresser. Certains se connaissent, d’autres non mais tous sont attentifs à savoir à quelle sauce ils vont être mangés. Pour les accueillir, un tableau sur lequel étaient collés des post-its. Interrogations de chacun.

Mais la distribution des posts-it a coupé court à toute forme de suspense et le premier défi a été de taille : 10 minutes pour réfléchir et une minute pour présenter l’idée du siècle, peu importe qu’elle soit réalisable ou non, il fallait juste qu’elle soit un peu originale.

La contrainte ? Les duos de post-it distribués à chaque équipe. Si l’un définissait le thème de la ligne éditoriale, l’autre délimitait le support média. Les dix courtes minutes ont permis à chacune des équipes de compiler des thématiques dont ils n’auraient jamais eu idée. Et ce, pour le meilleur comme pour le pire : assemblez le support télévision et une ligne éditoriale basée sur le chat, vous pouvez tout à fait obtenir l’un des médias les plus fous de l’histoire des médias (une programmation tournée autour de « comment serait la télévision si elle était destinée à des chats »). Un brin de folie. Histoire de faire connaissance.

Romain Saillet, co-fondateur des Medialab Session, a lors précisé :

« Pendant 48 heures, l’objectif est d’échouer au maximum : vous allez composer vos équipes et travailler avec des mentors pour aller au maximum possible de vos idées. Et qu’on puisse les détester. Dans l’échec c’est comme ça qu’on peut faire autre chose. Seul moment de réconfort ? Les petits plats de la cafétariat ! »

Couleur annoncée, grand silence. C’est le moment de prendre les micros pour les porteurs de projet. Ils auront une minute, pas plus, pour présenter leur idée du média de demain. Thomas est journaliste et voudrait un Politico à la française « sur le Parlement, l’Assemblée et le Conseil constitutionnel »:

« Le DirectAN fonctionne super bien, il y a une demande mais aucun média ou groupe de presse ne fait ça. »

Ce dont il a besoin : des journalistes, des développeurs et des designers. Claudine Giraud, journaliste et blogueuse présente ensuite Bloggers without borders :

« Nous voulons créer une agence de presse indépendante, originale et coopérative sur l’économie sociale et solidaire ».

Pamela Poole quant à elle veut améliorer la presse féminine, qu’elle soit à l’image de sa timeline Twitter : design, politique, beauté et culture. « Pour une femme complète et entière » précise-t-elle. 

Frédéric lui est développeur et entrepreuneur. Son idée : offrir un site clef en main aux journalistes désireux de produire de l’information locale. Chez RapMag, venus en duo, ils ont ainsi présenté leur projet : existant en format papier et audiovisuel, ils avaient besoin de développer une présence en ligne et donc de s’équiper de développeur et designers. Timothy est étudiant et futur entrepreuneur :

« On est vite perdu dans la gestion et j’aimerais qu’on puisse avoir un média pour que les étudiants puissent se tenir au courant de l’entrepreunariat » précise le jeune homme qui ajoute « l’orthographe c’est pas mon point fort ».

Tant mieux, la salle est pleine de journalistes. Véronique Ollivier, ancienne « ressourceuse humaine d’entreprise » comme elle se présente est « mordue de responsabilité sociale et veux pouvoir se faire connecter les entreprises d’économie sociale et solidaire, les ONG et les DRH ».

Et une foule d’autres projets – quinze au total pour savoir qui veut rejoindre qui – à qui il a, souvent, manqué un modèle économique. Mais les mentors et autres conseillers leur permettront de réfléchir aussi à une idée viable. Logique,  « si ce n’est pas un entrepreuneur qui pitche » explique Romain Saillet,  « et c’est la question que tout le monde se pose ». Alexandre Malsch, fondateur de Melty et parrain de la Medialab Session parisienne, a ensuite présenté son idée d’un site qui peut réussir. Vous pouvez retrouver les grandes idées sur le Storify de Knowtex.

Les projets se sont formés et parmi les sept restants sur les quinze premiers présentés, un seul sortira vainqueur, même si tous, au fond, auront eu cette expérience de la confrontation des idées pour en faire émerger davantage.

Dès le vendredi soir, les équipes se sont donc constituées et ont chacune pris place dans l’une des salles réservées. Jusqu’à 1h30 du matin, ils brainstormeront, rencontreront les premiers mentors et recommenceront le samedi.

Samedi : réveil à l’aube

9 heures, tout le monde sur le pont pour un grand brainstorming. Jusqu’à midi, les équipes ont ainsi retourné leurs projets dans tous les sens. À cette étape de l’aventure, ils avaient aussi tous un compte Twitter par projet pour pouvoir commencer à communiquer avec ceux qui n’avaient pu venir et étaient prêts à conseiller, à distance. La Masterclass organisée le midi a permis à certains de faire le point sur les solutions qui s’offraient à eux concernant … le modèle économique, nerf de la guerre des médias. 

Le meetup – sorte de grande réunion des équipes entre elles pour échanger à nouveau – de la fin de journée samedi a laissé la possibilité de s’exprimer devant une petite assemblée pour défendre un média. Le tout encore une fois en une minute. Avant de pouvoir participer aux BetaPrésentations le samedi soir : le pitch est tout un art selon Willy Braun, l’un des co-organisateurs de la session parisienne. Qu’ont découvert tous les participants de la Medialab Session. Après un retour au travail, chacun a regagné sa chambre. 1 heure du matin, les cernes ont fait leur apparition et les projets avaient alors bien avancé.

Dimanche : le temps de faire le bilan

Dimanche, présentation des pitchs, mis à rude épreuve par les mentors, avant le phase de soutien devant le jury. Des inspirations diverses et variées, des idées de modèles économiques et des lignes éditoriales originales :

Des centaines d’idées après, ils sont fin prêts pour présenter leurs travaux. La soirée du dimanche est consacrée à la présentation des projets et aux délibérations du jury : les équipes ont expliqué une par une leur média, pourquoi il est innovant et ce qu’il apporte au journalisme de demain. L’occasion de confronter leurs idées devant les oreilles attentives de l’assemblée, moins de 72 heures après avoir formé les équipes et de faire preuve à la fois de synthèse et de concision. Et à 18 heures, le rendez-vous a été donné pour rendre les supports de présentation de toutes les équipes.

Avant de tout donner devant les membres du jury. Ce dernier ayant principalement observé la qualité de l’angle éditorial et la pertinence du modèle économique. Deux ingrédients nécessaires à la fabrication d’un média. Le jury a récompensé pour cette session Chiccup, porté par Pamela Poole. Romain Saillet explique :

« Les deux premiers projets de médias tiennent la route alors que pour les autres projets, il va leur falloir prendre des risques s’ils veulent innover dans la jungle des médias. Le système de paiment de Chiccup, sous forme de jetons, apporte à la fois quelque chose de ludique et quelque chose de technologique. »

La deuxième équipe la plus solide pour le jury avait fondé une ligne éditoriale sur les parents d’adolescents, grande absente du paysage médiatique actuel. Les liens entre les deux premiers projets ? Une forte ligne éditoriale dans un marché concurrentiel marqué par les similitudes entre médias. Et quand on demande au fondateur des Medialab Session ce qu’il a pensé de cet épisode, il répond :

« Nous sommes contents, surtout parce que tout le monde a appris des choses, ils y a eu plein d’échanges, dans une ambiance très bonne et de belles rencontres. Les mentors ont joué le jeu et ont permis aussi de faire énormément avancer les équipes. En tant qu’organisateurs, ça nous a aussi confrontés à des intuitions que nous avions déjà. Et qui seront mises en place pour la prochaine session à Bruxelles ! Rendez-vous est pris pour les 24, 25 et 26 mai prochain à Bruxelles. En attendant de pouvoir accompagner d’autres idées pour leur permettre de se réaliser et, qui sait, de révolutionner les médias. »

À la prochaine, donc !

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