Les différents visages du « cash-back »

7 janvier 2010

(visuel : La révolte des mannequins, par Royal de Luxe, "Jour 4, Le casse", par Stéfan, licence CC) 

Quel rapport y a-t-il entre la distribution d’argent avortée qu’un site en mal de notoriété a tenté d’organiser à Paris, mi-novembre, et des achats solidaires ? Aucun, a priori. A y regarder de plus près, pourtant, une « technique », issue du marketing des dix dernières années, peut les rapprocher : le « cashback ». RSLNmag.fr vous explique de quoi il retourne

D’où ça vient ?

Le cashback n’est pas né sur le web.  Ce principe, que l’on peut traduire par la proposition : « Gagnez (un peu) d’argent quand vous en dépensez » a fait ses premiers pas dans le système bancaire : plusieurs cartes bancaires, apparues au début des années 2000, vous promettaient ainsi d’être « remboursés », à hauteur de 1 %, du montant total annuel des achats effectués avec la carte en question.

Le principe a ensuite été décliné au e-commerce : selon le même principe, moyennant une « identification » et l’achat auprès de certains sites partenaires, plusieurs spécialistes du « cash-back » ont commencé à s’engouffrer dans la brèche.

Comment ça marche ?

Attention, même les pros le reconnaissent : « La promesse est difficile à comprendre et nécessite une bonne dose de " réassurance " et de pédagogie », confesse Catherine Barba, fondatrice de Cashstore, un des sites pionniers, interrogée par le site spécialisé LSA.

Soit le cas concret : après m’être inscrit sur un site spécialisé dans le cashback, j’achète un disque sur le site de la Fnac. Pour remercier le site de lui avoir apporté un client, la FNAC va lui verser une commission qui, pour partie, me reviendra. Au final, tout cela est donc … un très traditionnel rabais : « Il y a plusieurs façon de faire des promotions. On peut baisser les prix … mais [le cashback] est une façon supplémentaire de donner envie aux gens d’acheter sur internet », reconnait la même Catherine Barba, sur le plateau d’Arrêt sur Images, en novembre dernier (à partir de 4’24).

Qui y gagne ?

Evidemment, le client n’est pas le seul gagnant de l’affaire :
certains n’hésitent pas à parler du « cercle vertueux » du cash-back : pour le site marchand, c’est une manière, comme une autre, de fidéliser son client, assurément à moindre coût : il n’engage une dépense que pour des ventes effectives ; pour l’éditeur du service de cash-back, auprès duquel l’internaute s’est dûment enregistré, c’est l’assurance de toucher une commission du site marchand, et la possibilité de constituer une large communauté.

A quoi ça peut servir d’autres ?

Des très généralistes Soliland et Solidarshop, en passant par des initiatives ciblées avec certaines associations précises, telle celle menée par le moteur de recherche Bing avec la Fondation Abbé Pierre : au cercle vertueux décrit au-dessus, ces acteurs ont décidé d’ajouter une dimension supplémentaire.

Tous ces sites déclinent en effet la notion de « cash back » sur un mode solidaire. Comprenez par là que, au lieu d’être reversé à l’acheteur, le fameux « retour d’argent » se trouve en fait donné, par un choix de l’internaute, à une association. Et là, tout de suite, on est nettement plus loin des distributions sauvages d’argents dans la rue pour faire parler de soi.

Plusieurs études soulignent d’ailleurs le rôle clef des nouvelles technologies dans le rapport au « don » : ainsi, la fondation Recherches Solidarités souligne-t-elle, dans son baromètre 2009 sur La générosité des Français (PDF), que les nouvelles technologies ont un rôle clef à jouer dans les appels aux dons destinés aux jeunes générations : « Chaque génération est particulièrement sensible à des formes particulières d’appel au don […]. Une réflexion serait utile pour mobiliser plus encore les nouvelles technologies, dans un objectif de conquête des jeunes générations… », écrivent notamment Cécile Bazin et Jacques Malet, les auteurs de l’étude.

> Pour aller plus loin :

– Retrouvez sur RSLN l’article "Quand Internet réinvente l’action humanitaire"

Le web solidaire a déjà son Top 50, sur YouPhil

 

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