Les élections américaines vues du web

7 novembre 2012

Au soir des élections américaines, Barack Obama a établi un nouveau record. Sur Twitter, son message « Four more years » (« Quatre années de plus » en français) accompagné d’une photo de lui enlaçant sa femme, a été partagé plus de 500 000 fois en l’espace de quelques heures. L’image a même enregistré plus de trois millions de « J’aime » sur Facebook.

> Des chiffres surprenants ?

Pas vraiment. C’est ce que nous expliquait Joe Trippi, stratège politique, dès novembre 2011 :

« En 2004, Facebook n’existait pas, alors que le site compte maintenant plus d’un demi-milliard de membres. Pour la campagne d’Obama, Twitter n’en était qu’à ses débuts.

Et ce phénomène de massification est renforcé par l’apparition d’outils comme les plateformes de vidéos en ligne ou comme les smartphones : en 2004, 650 000 personnes ont participé à la campagne en ligne d’Howard Dean. En 2008, Obama a rassemblé plus de trente millions de personnes. Et la prochaine fois, le nombre sera beaucoup plus grand. »

Il avait vu juste : le nombre de participants à la campagne, le montant des sommes levées, le nombre de messages sur les réseaux sociaux ont littéralement explosé. Barack Obama dépassant même le chanteur Justin Bieber dans le classement des messages les plus partagés sur Twitter. 

> Une équipe de professionnels

Tout le monde se souvient de sa prestation en 2008. Barack Obama avait fait de sa campagne un modèle de mobilisation en ligne

Cette année encore, rien n’a été laissé au hasard et le 44ème Président des Etats-Unis a su (bien) s’entourer. Outre ses conseillers habituels parmi lesquels figure Aneesh Copra, il a recruté une nouvelle équipe de professionnels de la communication sur le web et des réseaux sociaux, avec à sa tête, l’inévitable Joe Rospars.

> La campagne en ligne : du pain béni pour les journalistes

Une chose est certaine : ces élections ont donné aux médias de quoi se délecter. Les visualisations de données ont fleuri sur le web afin de tenter de donner une meilleure vue d’ensemble de la campagne. Les messages sur les réseaux sociaux se sont donc mués en matière première pour visualisations interactives, les «data-teams » rivalisant de créativité.
 
Parmi les meilleurs exemples, la carte «Political Engagement map» a permis d’observer l’engagement politique de chacun des états selon les tweets postés par les candidats tout au long de la campagne.
 
 
Autre application intéressante : Barack Obama est sorti vainqueur de la «Tweet race» présidentielle organisée par France 24, et dont nous vous parlions il y a quelques semaines. L’application permettait de comptabiliser le nombre de messages cumulés mentionnant chacun des candidats. Sans surprise, Barack Obama a de loin dominé son rival au lendemain des résultats.
 
 
Les résultats électoraux Etat par Etat, dévoilés au compte-goutte, ont également fait l’objet d’une véritable compétition entre journaux… Des dizaines de cartes interactives des Etats-Unis sont donc apparues sur le web afin de mettre en perspective les votes des grands électeurs selon leur Etat d’origine. 
 
 
Mais l’inventivité ne s’arrête pas au soir des élections et la période post-campagne promet d’offrir son lot de visualisations. Le quotidien anglais The Guardian a ouvert le bal dès ce matin en lançant une cartographie des réactions dans le monde suite à la réélection du président/candidat. Personnalités et anonymes ont allègrement commenté les interventions des candidats sur les réseaux sociaux, devenus de véritables espaces publics en ligne.

Et notamment le milliardaire américain et républicain, Donald Trump, qui a appelé à « marcher sur Washington » afin de lutter « contre cette parodie » qu’est la victoire de Barack Obama :

 

Mais avec un succès plus limité que celui du président Obama fraîchement réélu : aucun de ses messages n’a dépassé la barre des 20 000 partages. Un exemple de plus de puissance du réseau, comme l’appelle Joe Trippi.

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