Les six dataviz à ne pas manquer cette semaine

10 juillet 2013

Des données en veux-tu, en voilà… chaque semaine apporte son lot d’applications web permettant de visualiser des données qui intéressent tout le monde, mais que chacun aurait bien du mal à s’approprier avec un simple calepin, crayon et calculette ! L’été arrivant, il faut croire que les journalistes ont davantage de temps pour compiler des données… en témoigne la moisson de la semaine, si riche que nous ne résistons pas à l’envie de vous faire partager nos meilleures trouvailles. 
 

1. Brigitte ? C’est so sixties !

Il en va des prénoms comme de la longueur des cheveux ou des pantalons : ça vient et ça va, au gré de modes qui excèdent rarement dix ans. Alors, étiez-vous précurseur ou nostalgique ? En d’autres termes, portez-vous bien le prénom de votre décennie ? 

Cette superbe application qui réutilise les données de l’INSEE va vous permettre d’en avoir le coeur net. En affichant sur le même graphe la courbe des Bernard, Julien et autres Enzo, on peut ainsi reconstituer toutes les générations de sa famille… avec une mention spéciale « Bingo » à ceux pour qui soeurette, maman et mamie seront toutes nées au sommet de la popularité de leur nom de baptême.

L’occasion de réaliser aussi qu’on peut facilement faire le rapprochement entre les explosions de prénoms et le box office de la même année…

Et parce que les prénoms sont aussi représentatifs d’une classe sociale, on attend avec impatience la dataviz qui mettra en lumière les curieux résultats de l’étude de Baptiste Coulmont, qui révèle que 20 % des Adèle et des Diane ont obtenu une mention très bien au bac 2013, quand seules 2,5 % des Sabrina ont obtenu le même résultat.

2. Courrier International, de quels pays viennent tes articles ?

L’hebdomadaire nous fait voyager avec sa sélection d’articles de presse du monde entier traduits en français. Mais il ne nous avait encore jamais proposé de naviguer à travers eux via une carte interactive… c’est désormais chose faite, et le résultat vaut le détour :

 

3. Transparence : quand les parlementaires sortent de leur réserve

La réserve parlementaire, ce sont quelque 150 millions d’euros répartis chaque année entre nos parlementaires pour être dépensés à des « projets d’intérêt public » – de préférence dans leur circonscription. Cette enveloppe opaque, dénoncé par certains comme un puissant outil de clientélisme à discrétion de nos élus, est désormais transparente : les données de l’utilisation faite cet argent ont été rendues publiques par le Ministère de l’Intérieur grâce à l’action de deux associations, l’Association pour une démocratie directe et Regards Citoyens (nosdeputes.fr et nossenateurs.fr).

Les médias s’en sont emparés sur le champ, et les outils pour visualiser ces données sont désormais légion. Vous pouvez ainsi découvrir les subventions que les communes près de chez vous ont reçues de leur député ou sénateur, sous forme de tableau interactif sur LeMonde.fr ou FranceTVinfos, ou de carte interactive sur Rue89.

4. Visualiser les morts par armes à feu aux Etats-Unis

Déjà un classique de la dataviz avec la polémique qui entoure la vente et la possession des armes à feu aux Etats-Unis, plus vive que jamais depuis les fusillades d’Aurora et Sandy Hook. Mais cette visualisation-là, « US gun killings », est tellement réussie qu’elle pourrait contribuer à marquer les esprits et sensibiliser le public à ce problème de la société américaine. Elle permet de visualiser le nombre d’homicides et de suicides provoqués par des armes à feu en 2010 et 2013, ainsi que le nombre cumulé d’années « volées » – celles qu’auraient du vivre ces personnes décédées prématurément. La documentation est impressionnante : pour chaque mort représentée on pourra accéder à l’article y faisant référence.

Souvenez-vous : on vous en avait déjà parlé ici. Ce qui est nouveau, cette semaine, c’est l’incorporation des données 2013, pourtant non encore publiées. Ce tour de force a été rendu possible grâce aux tweets d’un compte Twitter, @GunDeaths.

Les filtres présents permettent d’établir une petite sociologie des victimes des armes à feu, avec quelques enseignements : elles sont à 84% des hommes, et de préférence jeunes (près d’un sur deux a moins de 30 ans).
 

5. Watchdogs : des données dans la ville

Le site promotionnel We are data a été concocté par Ubisoft pour préparer la sortie prochaine de Watch Dogs. Ce jeu vidéo raconte l’histoire d’une ville intelligente hyperconnectée, à l’image de ce qui se trame dans nos villes. Et comme pour faire prendre conscience que la réalité est déjà en train de dépasser la fiction, le site donne à voir la manière dont sont traitées les informations inhérentes à l’espace urbain à Paris, Londres et New York.

Vous y trouverez l’ensemble des données publiques en accès libre (taux de chômage, activités des réseaux ferrés en temps réels, localisation des équipements urbains et hotspots Wi-Fi, etc.), mais aussi données privées basées sur des services géolocalisés tels que les tweets d’illustres inconnus qui pourraient être vous.

L’observatoire de la ville numérique Pop-up urbain nous en livre une intéressante analyse : 

« Watch Dogs et son dérivé dédié à l’open data nous prouvent pourtant que des interactions entre les métiers du jeu vidéo et ceux d’autres univers – comme ceux de la communication ou de la ville – sont possibles et particulièrement enrichissants. (…) Et si les marques et les éditeurs de jeux vidéo fabriquaient la ville de demain ? »
 

6. Franciliens, combien allez-vous économiser sur votre loyer avec la loi Duflot ?

Pour faire comprendre l’utilité d’une loi, un petit calculateur vaut parfois mieux qu’un long discours. La loi Duflot sur le logement ne fait pas exception : destinée à lutter contre les prix abusifs sur le marché locatif en plafonnant les loyers dans certaines régions « sensibles », au premier rang desquelles on trouve bien entendu l’Ile-de-France, elle se dévoile très concrètement lorsque Médiapart propose à chaque locataire de la Région Capitale de calculer les économies qu’il réalisera sur son loyer à partir du 1er janvier prochain. 

Selon les estimations de la ministre, plus d’un francilien sur quatre sera en mesure de demander la révision de son loyer et ainsi gagner en pouvoir d’achat à la faveur de cette loi qui entend rétablir l’équilibre des relations entre propriétaires et locataires. C’est l’OLAP (Observatoire des loyers de l’agglomération parisienne) qui a fourni les données nécessaires à ce calculateur.
 

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