Mais que veut donc la LOL génération ?

13 septembre 2010

(visuel : LOL, par neolao, licence CC)

Slate.fr, le site qui aime le LOL (on compte 101 occurences du terme sur les pages du site), publie ce lundi une longue tribune de Monique Dagnaud, directrice de recherches au CNRS (bio complète par ici), sur le rapport des jeunes internautes au LOL – comprenez par là :

« Une posture mentale […] qui consiste à ne jamais prendre quoi que ce soit au sérieux, et en particulier à tourner en espièglerie ou dérision les institutions et les personnes qui façonnent la vie publique (politiques, stars, personnes des médias). »

La thèse proposée par la sociologue est la suivante : le LOL pourrait devenir un « mouvement culturel », potentiellement capable de  « balayer deux-trois décennies de scepticisme résigné » de la jeunesse. Mieux, même, la « LOL génération » semble remplie d’un optimisme tout particulier : celui d’une  « foi profonde dans le mariage de l’imagination et de la technique, […] ces interactions sans fin entre le Web et la vie telle qu’elle est. »

Cette thématique est  assez proche des analyses qu’elle publie régulièrement sur la jeunesse. Exemple récent autour d’une étude qu’elle a commenté pour Le Figaro :

« On dit que les jeunes sont désenchantés et pessimistes, alors qu’ils sont plein d’énergie et de ressources […]. En fait, ils puisent cet élan dans leur famille et dans une vie sociale intense. »

Monique Dagnaud en profite pour passer en revue quelques uns des outils du LOL : du mème, qui  « suppose de solides connaissances techniques pour découper les images, les accoler, les animer, une expertise qui, souvent, dépasse le niveau de Photoshop [et] émane plutôt de professionnels ou semi-professionnels », à 4chan, en passant par Vidéo Gag ou le Lulz. C’est frais, très révélateur, et plutôt bien renseigné.

S’intéresser au web comme objet d’études sociologiques, et, plus précisément encore, aux pratiques des jeunes internautes – cette « culture des digital natives [qui] provoque un dynamtage des codes anciens, un bricolage sans fin sur le sens des choses, une création collective où tout est permis […] » : la chercheuse danah boyd avait connu le succès en choisissant un tel objet. A notre connaissance, Monique Dagnaud est la première, en France, à s’intéresser à ce champ d’étude de manière un peu poussée.

Alors, rien que pour ça,  on t'<3, Monique.  LOL. (ou pas).

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