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Nathalie Bellaiche-Liscia : « Je n’ai jamais ressenti de difficultés à me faire ma place dans le web parce que j’étais une femme »

Portrait 4 mars 2016
A l’occasion des six ans de Girlz in Web, RSLN a rencontré Nathalie Bellaiche-Liscia, directrice générale adjointe France en charge des achats média chez Criteo. Une femme déterminée, qui a fait pratiquement toute sa carrière dans le monde du numérique. Qui la passionne depuis son avènement, elle qui l’a vécu en direct. Et n’a jamais ressenti de difficultés à s’intégrer dans ce milieu, tout en restant elle-même. Portrait.

« Je ne suis pas sûre que cela me serve vraiment de vous raconter par où j’ai démarré », dit-elle au milieu de l’entretien, comme pour se dédouaner de ce qui allait suivre. C’est pourtant par son parcours atypique que Nathalie Bellaiche-Liscia se distingue. Elle a d’abord intégré l’école des Arts Appliqués avant de devenir styliste. « Mais je n’aimais pas être devant ma feuille et derrière mon crayon, alors j’ai essayé autre chose. »

Du télémarketing, précisément, un petit boulot qu’elle a adoré faire. « Je réécrivais mes argumentaires, même si je n’en avais pas vraiment le droit. J’aimais l’idée d’être en relation avec les clients. » C’est pourquoi, enceinte de son premier enfant, elle reprend ses études – un BTS orienté communication et marketing, par correspondance.

Par la suite, Nathalie Bellaiche-Liscia intègre un groupe média, Ziff Davis, qui gérait deux publications spécialisées dans l’informatique. « Le monde des médias m’attirait beaucoup », confie-t-elle. Au service commercial, où elle travaillait, il y avait des hommes et des femmes, moins à la rédaction. « Dans les années 1990, l’informatique était vue comme une niche, trustée par les hommes. Probablement à cause de l’aspect technique. » Ce n’est pourtant pas cela qui va repousser cette touche-à-tout curieuse et débrouillarde.

« Je sentais bien que ce secteur était porteur pour l’avenir, surtout quand le web est arrivé. Ça avait quelque chose de fascinant. J’ai assisté aux débuts d’Internet… En 1992 quand j’ai envoyé un e-mail pour la première fois à une collègue travaillant aux Etats-Unis, j’étais émerveillée par le fait qu’elle reçoive mon message instantanément, en étant à l’autre bout de la planète. »

C’est pourquoi elle se tourne très naturellement vers l’écosystème qui commence à se créer autour du web, au début des années 2000. « Le hasard des rencontres, explique-t-elle. C’est comme ça que j’en suis arrivée là, d’ailleurs. »

Fin 1999, Nathalie Bellaiche tombe sur Numériland, une petite régie publicitaire de six personnes, elle qui voyait les grands patrons se tourner vers le web. « J’ai sauté le pas du jour au lendemain », avoue-t-elle. « J’ai dû réapprendre tout un tas de choses, un langage, un média… » Avec l’avènement d’Internet, Nathalie Bellaiche-Liscia, alors directrice commerciale, a très vite vu cette structure grossir, et d’autres prendre leur envol.

Avant d’arriver en 2008, encore par le biais d’une rencontre, chez Criteo : « Ils venaient de créer un nouveau modèle économique fondé sur des bannières publicitaires à destination du web, exclusivement. Je me suis dit que c’était probablement le produit le plus drôle, le plus fun qu’il m’ait été donné de commercialiser dans ma carrière. »

De « simple commerciale », elle grimpe les échelons jusqu’à devenir directrice générale adjointe en charge des achats médias de l’entreprise, il y a cinq ans et demi, et depuis peu pour toute la région Europe du Sud. « Je n’ai jamais ressenti de difficultés à me faire ma place dans ce milieu parce que j’étais une femme », dit-elle très sincèrement lorsqu’on lui pose la question. « Certes, côté IT, il y a une majorité d’hommes, mais parce qu’on les retrouve déjà en grande majorité dans les formations dédiées à ces métiers. C’est peut-être à ce niveau-là qu’il faut faire bouger les choses. »

L’avenir, elle le voit toujours sur le web, en témoigne la passion dont elle fait montre lorsqu’il s’agit de parler de son métier. Passion qu’elle a sans doute, sans le vouloir, transmis à ses deux enfants : « Ils sont dans le milieu tous les deux, alors que je ne les ai pas du tout poussés ! Mais il est évident que c’est un secteur d’avenir, qui embauche, et dans lequel beaucoup de choses restent à inventer. C’est un pari, et c’est celui que j’ai fait. » 

Qui s’avère payant.

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