Numérique : comment capitaliser sur les talents de nos quartiers ? share
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Numérique : comment capitaliser sur les talents de nos quartiers ?

28 janvier 2014

Et si le numérique était un levier d’action pour l’avenir des jeunes dans les quartiers prioritaires ? C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par OpinionWay pour Microsoft qui révèle l’appétence très marquée de ces jeunes pour le numérique. Une opportunité à saisir pour le secteur qui anticipe déjà une pénurie de talents dans les années à venir.
 

Le numérique, un secteur en manque de talents

Le numérique infuse aujourd’hui tous les secteurs de l’économie. Pas un métier qui n’ait besoin de professionnels compétents en ce domaine, et ce à tous les échelons des projets. Pourtant il devient difficile de trouver les talents recherchés, explique Marc Mossé, le directeur des affaires publiques de Microsoft France :

« Nous constatons d’ores et déjà, dans notre écosystème français de 11 000 partenaires, une difficulté à pourvoir certains postes. Il en va ainsi des développeurs, pour lesquels le manque de main-d’œuvre est aujourd’hui évalué à plusieurs dizaines de milliers en France. Si rien n’est fait, nous tenons là les « métiers pénuriques » de demain et un lourd tribut à payer affectant la compétitivité et la croissance de notre économie ». 

Si cette pénurie de talents est difficile à quantifier, c’est que les codes NAF et Rome mis au point il y a quelques années pour évaluer les emplois du secteur informatique peinent aujourd’hui à en suivre les évolutions rapides. Entre des métiers nouveaux qui ne sont pas encore comptabilisés – comme les testeurs ou les webdesigners par exemple – et d’autres professions très liées au numérique mais qui échappent à ce référentiel, les données publiques actuelles ne permettent pas de prendre toute la mesure des besoins. Selon une étude présentée en novembre 2012 par Guy Mamou-Mani, le président de la fédération Syntec Numérique, le secteur du numérique « au sens large » connaîtrait en tout cas le plein emploi, avec d’immenses besoins en compétences dans les années à venir.
 

Les quartiers : des talents et des envies à explorer 

S’ils ont souvent moins d’accès aux équipements culturels que d’autres populations, les jeunes des quartiers sensibles ne sont pas moins formés au numérique que l’ensemble de leur tranche d’âge. Et surprise : alors que 45% d’entre eux sont touchés par le chômage, le numérique est pour eux un secteur particulièrement attirant. Ils ont une propension à vouloir y travailler largement supérieure à la moyenne des jeunes (77% contre 67%), et sont également plus nombreux à souhaiter créer une entreprise dans ce domaine (47% contre 33% pour la moyenne de leur classe d’âge). 

« De plus en plus, le secteur numérique doit s’imposer comme pourvoyeur d’emplois pour les jeunes, notamment ceux issus des quartiers prioritaires, confirme Alain Crozier, Président de Microsoft France pour qui a été réalisée cette étude d’OpinionWay. L’explication est simple : les métiers du numérique sont des métiers d’égalité des chances, où l’on peut réussir même si on n’est pas doté de ce capital culturel ou social si souvent discriminant ».

Pourtant la même étude dévoile qu’une forte minorité (46%) de ces jeunes pense que ces métiers leurs sont difficilement accessibles. Qu’attend-on, alors, pour les encourager à se lancer dans un secteur qui recherche activement leur potentiel ? 

Une convention pour faire du numérique un tremplin dans les quartiers 

De nombreuses associations et programmes font aujourd’hui un remarquable travail de terrain pour soutenir l’emploi des jeunes des quartiers dans le secteur numérique. Des écoles de la deuxième chance spécialisées (Web@cadémie, Simplon.co),  des programmes de soutien aux entrepreneurs des quartiers (PlaNet Finance ou encore Yump qui accompagnent les jeunes dans le lancement de leur start-up)… 

Ce sont ces initiatives de terrain que Microsoft s’est engagé à soutenir, à travers la signature le 28 janvier dernier d’une convention avec le Ministère de la Ville, destinée à faciliter l’accès des jeunes issus des quartiers prioritaires aux nouveaux métiers numériques, dans le cadre de la charte « Entreprises & Quartiers » initiée par le Ministère. Un projet qui s’inscrit naturellement dans le programme YouthSpark de Microsoft, lancé il y a un an et qui prend là une nouvelle dimension.

« Notre ambition est d’être mobilisés sur l’ensemble du territoire au travers de notre réseau de partenaires institutionnels et associatifs en apportant notre contribution sur trois axes : créer des vocations, contribuer au développement de formations comme celle proposée par la Web@cadémie, et soutenir les entrepreneurs innovants. » explique Constance Parodi, Directrice de la politique de citoyenneté de Microsoft France.
 

A travers ces soutiens, mais aussi par des actions de sensibilisation et d’initiation aux métiers numériques – via Imagine Cup, la compétition étudiante de l’innovation numérique par exemple, ou Digigirlz, un événement qui donne l’opportunité à des collégiennes de découvrir les métiers numériques chez Microsoft – l’entreprise espère susciter des vocations et favoriser l’éclosion des talents de demain.

La convention prévoit aussi l’enseignement de méthodes et l’initiation à la programmation (notamment dans la classe immersive au sein de laquelle est proposé un accès prioritaire pour les établissements situés en ZEP avec possibilité d’initiation gratuite au coding), la mise à disposition d’outils (logiciels gratuits pour les étudiants et les associations) et le soutien aux entrepreneurs des quartiers à travers ses programmes BizSpark et Microsoft Ventures Paris. L’ambition : aider les jeunes à se réapproprier un univers dont ils maitrisent déjà certains outils, mais ne saisissent pas nécessairement tout le potentiel.

Des parcours inspirants

Le scénario que les signataires de la convention espèrent reproduire, c’est par exemple celui de Muriel Surmely, 25 ans : orientée vers un BEP secrétariat après avoir manifesté son intérêt pour l’informatique, la jeune femme a démarré une traversée du désert lorsqu’elle a tenté d’entrer dans la vie active. « Je n’en pouvais plus, nous déclarait-elle l’été dernier,  je me suis dit que je n’avais aucun avenir, que toutes les portes m’étaient fermées. Je regrettais aussi beaucoup mon amour de l’informatique. » C’est alors qu’elle se lance dans la Web@cademie, une formation gratuite pour les jeunes sans qualification. Après deux ans d’études, Muriel,  qui a reçu 7 offres d’emplois sur Linked’in, vient de décrocher un CDI de développeuse dans une entreprise du numérique.
 
Outre qu’il démontre le potentiel du numérique comme voie professionnelle majeure, ce parcours laisse songeur : si les besoins du secteur numérique d’un côté, et le potentiel de milliers de jeunes comme Muriel de l’autre se conjuguaient à grande échelle, le numérique pourrait constituer une véritable chance pour des jeunes qui ne s’insèrent pas dans le système. Et en retour, ceux-ci pourraient bien enrichir de manière décisive l’écosystème de jeunes innovateurs qui contribue déjà au rayonnement de l’Hexagone dans le monde. 
 

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