Opendata, participatif, mobile : l’ONU revoit ses critères d’évaluation des « e-gouvernements » share
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Opendata, participatif, mobile : l’ONU revoit ses critères d’évaluation des « e-gouvernements »

7 juin 2010

(visuel : Open Government Data Session Tack-on Free For All, par alper, licence CC)

Pour être un bon « e-gouvernement », il faudra désormais avoir une pratique réfléchie de l’opendata  une  utilisation tactique du mobile pour combler la fracture numérique, et associer largement les citoyens à la production de politiques via le web.

La directrice du programme d’évaluation des administrations électroniques au sein de l’ONU, Haiyan Qian (sa page ; une bio) a levé le voile, lundi, sur quelques-unes des pistes que son agence prendra en compte pour la rédaction du prochain rapport sur le e-gouvernement, dans un article publié sur le site  FutureGov – une publication à mi-chemin entre think-tank et lettre spécialisée sur l’innovation en matière d’administration en Asie. L’enquête de l’ONU sur le e-governement est publiée tous les deux ans, et comporte, à chaque fois, un classement largement relayé.

« Les TIC évoluent rapidement, comme les pratiques gouvernementales en la matière. Nous devions nous assurer que nos critères d’évaluation étaient toujours pertinents »,  justifie Haiyan Qian – mais certaines des critiques émises lors de la remise du dernier rapport de l’ONU, en mars 2010, expliquent sans doute également cette évolution.

Les nouvelles pistes explorées par l’ONU

« Open Data » –  « C’est une tendance de fond, terriblement excitante, et nous observerons de près la manière dont les gouvernements s’en saisissent pour permettre aux citoyens d’être à la fois consommateurs et producteurs de nouvelles informations. »

« Le participatif » – « Nous voulons voir des gouvernements qui engagent les citoyens de manière active. Rassembler des feedbacks d’usagers, ce n’est pas suffisant. Les citoyens ont besoin d’être associés aux prises de décisions, au monitoring des politiques publiques, pour aider les gouvernements à agir de manière plus transparente […]. »

«  Des actions ciblées » – « Les nouvelles technos peuvent être utilisées de manière ciblée, pour aider des populations particulièrement défavorisées. Nous étudierons la manière dont les femmes peuvent profiter des TIC. Des études montrent qu’elles n’en profitent pas vraiment aujourd’hui, au contraire : le trafic des femmes, par exemple, est plutôt facilité avec Internet. »

« Le mobile » – « Le mobile est un outil qui peut se révéler utile pour réduire la fracture numérique là où internet n’est toujours pas utilisable […]. Les pays qui sont relativement défavorisés, économiquement parlant, mais qui utilisent le mobile et d’autres  services innovants pour permettre un meilleur accès au net seront désormais récompensés. »

Ce qui restera

Aujourd’hui, l’ONU calcule un « indice de développement "e-gouvernemental" » sur la base de trois indices de performance distincts : la variété et la qualité des services publics disponibles en ligne, le taux d’équipement en TIC, et plusieurs facteurs de performance humain (taux d’emplois tertiaires, illétrisme éventuel).

« La lutte contre la fracture numérique est l’un des critères d’évaluation qui nous tient à coeur depuis le premier jour, et cela ne va pas changer. Nous devons rappeler à tous les pays qu’ils ne doivent pas négliger ce genre d’enjeux de fond, qui pourraient être négligés dans la course à la dernière nouveauté … », justifie Haiyan Qian.

Et la France, dans tout ça ?

La France s’est classée à la dixième place de la dernière enquête. Le rapport Amélioration de la relation numérique à l’usager, rédigé par le député Franck Riester, remis à Eric Woerth, alors ministre du budget et de la réforme de l’Etat, et Nathalie Kosciusko-Morizet, en charge de la prospective et de l’économie numérique, a suggéré vingt-cinq pistes d’amélioration

> Pour les curieux :

– Les critères méthodologiques utilisés jusqu’à présent par l’ONU sont ici.

(information repérée sur Twitter, via @fondapol)

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