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Accessibilité : « Grâce au numérique, des élèves qui n’auraient jamais pu être scolarisés peuvent aller à l’école » (Pierre Deniziot)

Entretien 20 juin 2016
Neuropsychologue, maire-adjoint de Boulogne-Billancourt et conseiller régional chargé du handicap, Pierre Deniziot fait partie de ces rares élus handicapés qui mettent l’accessibilité à l’agenda.

Selon vous, quel intérêt portent les politiques à la question de l’accessibilité et comment parvenez-vous à sensibiliser à cet enjeu à l’échelle de votre commune ou de la région Ile-de-France ?

Portrait d'élus - Pierre Deniziot

Pierre Deniziot : Handicap et accessibilité sont des thèmes traités de manière très inégale en politique, notamment parce que leur aspect transversal n’est pas assez développé. L’accessibilité est le plus souvent rattachée aux affaires sociales ou à la santé, alors qu’elle touche également l’éducation ou l’emploi.

La question du manque de représentativité des handicapés joue aussi beaucoup, avec seulement 0,001% d’élus handicapés en France pour 12% de citoyens concernés. Mais ce qu’il manque le plus, il me semble, c’est la prise de conscience globale de l’opinion de cet enjeu majeur, afin que les politiques s’y intéressent davantage. Pour que l’enjeu d’accessibilité entraîne à plus grande échelle, nous avons besoin qu’un cortège politique porte cet engagement aux plus hauts niveaux.

Emploi et handicap font justement partie des grandes causes du conseil régional d’Ile-de-France en 2016 : quel rôle joue le numérique dans ce contexte ? 

Côté emploi, la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, porte une attention toute particulière aux questions du numérique et de l’emploi des personnes handicapées. Dans tous les domaines, le numérique réduit certaines problématiques liées au handicap. Côté éducation, il a permis la scolarisation d’élèves qui n’auraient jamais pu aller à l’école il y a encore quelques années. L’aide à la prise de notes avec des logiciels correctifs se montre ainsi indispensable pour des élèves qui ont des problèmes cognitifs (comme la dyslexie) ou sensoriels (aveugles ou sourds). La région Ile-de-France aide à l’acquisition de ces aides.

Derrière la question du numérique à l’école, l’enjeu est réel, car l’exclusion des personnes handicapés repose principalement sur leur manque de qualification. C’est pourquoi Valérie Pécresse a engagé la région dans le développement de partenariat avec différents acteurs pour l’élévation du niveau de qualification des jeunes handicapés. Des aides ont également été votées pour soutenir les start-up qui innovent dans ce sens afin de pousser cette dynamique plus loin.

En tant que neuropsychologue, vous portez un double regard sur ces sujets. Qu’apportent les progrès du numérique aux neurosciences et à l’enjeu d’accessibilité ?

En neurosciences, le numérique nourrit la recherche fondamentale, et réciproquement. En étudiant le son par exemple, on arrive aujourd’hui à découper un processus, à le comprendre et à le dupliquer numériquement. Cela ouvre de nombreuses perspectives dans le champ de l’intelligence artificielle.

Au niveau du handicap, les progrès en neurosciences ont permis la reconnaissance des troubles de dyslexie ou de dyscalculie et amélioré les pistes de prise en charge, notamment par des dispositifs numériques. Mon sentiment, c’est que nous sommes au début seulement du développement du numérique dans tous ces domaines, mais que les progrès sont déjà très rapides et représentent un véritable enjeu d’avenir.

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