Pour en finir avec quelques idées reçues sur les jeux vidéo share
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Pour en finir avec quelques idées reçues sur les jeux vidéo

1 septembre 2010

(visuel : Boutons Xbox, licence CC, A Hermida)

Au départ, c’est une simple étude qualitative, commandée par le Centre National du Cinéma et de l’Image Animée à l’institut de sondage Gfk, et au titre un tantinet rébarbatif : « les pratiques de consommation de jeux vidéo des Français »  (disponible ici en PDF).

Après quelques pages de lecture, un constat s’impose rapidement : ce sondage est sans doute l’une des études à grande échelle les plus intéressantes réalisées en France ces dernières années, avec pour objectif de venir réfuter les stéréotypes généralement associés aux jeux vidéo. Elle est pourtant passée (relativement) inaperçue au moment de sa sortie fin juin.

A l’heure de la course aux « social games » et devant le peu d’études de la sorte, il nous a semblé particulièrement intéressant de vous lister quelques uns de ces clichés nuancés par ce sondage. Et d’en profiter pour éliminer un ensemble de préjugés et de stéréotypes qui collent à la peau des joueurs, et semblent en décalage flagrant avec la démocratisation de la pratique vidéoludique.

  • Les hommes jouent plus que les femmes : faux

Eh oui : les joueurs sont avant-tout des … joueuses. Quelques chiffres pour bien comprendre : sur les 63% de Français qui déclarent avoir joué à des jeux vidéo au cours des six derniers mois, 52% sont des femmes. Evidemment, il y a des différences en fonction de la catégorie de jeux considérée. Mais il n’empêche : la mixité générale de la pratique est acquise.

  • Les jeunes jouent plus que leurs ainés : faux

Plus de la moitié des joueurs ont plus de 35 ans. Deux phénomènes différents peuvent expliquer cette tendance : d’un côté, les générations de joueurs qui ont vieilli n’abandonnent pas pour autant leur pratique et de l’autre, des parents accompagnent de plus en plus leurs enfants dans une pratique qu’ils voient comme une fenêtre d’échanges privilégiés. Attention quand même : la population des joueurs de jeu vidéo reste, en moyenne, plus jeune que la population nationale (35,6 contre 41,3 ans).

  • Les joueurs passent leur vie à jouer : faux

D’accord, la pratique est « régulière et intensive » – avec notamment 31% des joueurs qui déclarent jouer tous les jours. Mais elle n’est pas pour autant exclusive : les joueurs de jeux vidéo sont ainsi par exemple beaucoup plus assidus au cinéma que les non joueurs.

  • Les jeux en ligne ont sonné le glas des jeux hors ligne : faux

Grâce à leur facilité d’accès et à leur souplesse d’utilisation, les jeux en ligne, gratuits et payants, sont les plus pratiqués par les joueurs (73%). On constate néanmoins que les jeux hors ligne ne sont pas délaissés avec 39,4% des joueurs qui en consomment. Les jeux gratuits disponibles en ligne creusent l’écart avec les jeux payants traditionnels mais ne sonnent pas pour autant leur disparition. Le marché des jeux payants en ligne reste, quant à lui, une niche.

  • Le jeu vidéo est une pratique solitaire : vrai mais…

74% des joueurs déclarent jouer le plus souvent seuls mais il existe d’importantes disparités en fonction des supports et des jeux concernés. Les jeux solitaires correspondent plus à des jeux en ligne totalement ou partiellement gratuits (jeux de cartes, plates-formes…) alors que les jeux achetés dans le commerce sont plus joués collectivement. Globalement, 58% des joueurs déclarent jouer en famille, 49% avec des amis et 39,5% avec d’autres joueurs en réseaux.

  • Les hommes jouent au foot, les femmes jouent aux cartes : vrai et faux

La répartition des joueurs selon le genre en fonction du type de jeux vidéo révèle que 85% des joueurs de jeux de football sont des hommes. De même pour les jeux de simulation automobile ou pour les jeux de tir (75%). Les femmes plébiscitent également certaines catégories de jeu à l’image des jeux musicaux (65%) ou les simulations de vie (60%).

Mais les cartes ne font pas partie de leurs domaines privilégiés : les hommes jouent autant aux jeux de cartes que les femmes…

Après avoir conquis Internet, les femmes deviennent peu à peu la norme vidéoludique. Un portrait robot du joueur français aurait d’ailleurs donné naissance à une femme, la trentaine passée. Les éditeurs de jeux vidéo et les développeurs de plateformes ne s’y trompent pas et en font de plus en plus leur coeur de cible. Bien loin de l’image de l’adolescent boutonneux avachi dans une chambre aux volets fermés…

 > Pour aller plus loin :

"Gaming’s past, present, future" sur Game Theory

Quand les jeux vidéo soignent nos nevroses sur RSLN

(étude repérée sur Twitter grâce à @ThibautThomas)

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