Promenade avec Matt Pyke et ses amis, à travers la Gaîté lyrique share
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Promenade avec Matt Pyke et ses amis, à travers la Gaîté lyrique

29 avril 2011

Il y a quelques semaines, nous vous faisions visiter la Gaîté lyrique dans ses moindres recoins. Mais vide.

Nous revenons à la Gaîté lyrique, à l’occasion d’une des premières grandes expositions du lieu : « Super-Computer-Romantics », de Matt Pyke, qui a pris possession de l’ensemble du bâtiment pour exposer des œuvres réalisées spécialement pour le bâtiment.

>> Matt Pyke ?

Designer, peintre, professeur…, anglais, Matt Pyke, 36 ans, est l’un des artistes numériques les plus reconnus sur la scène internationale, depuis l’exposition de son installation Forever au Victoria & Albert Museum de Londres, en 2009. Il est connu pour ses œuvres originales, envoûtantes, déconcertantes, parfois, qui font envisager les nouvelles technologies sous un jour chaleureux et attachant.

C’est la toute première fois qu’une exposition entière lui est consacrée. En contact avec Jérôme Delormas, directeur de l’établissement, et présent déjà sur le chantier, Matt Pyke a pu prendre possession du bâtiment, et laisser libre cours à ses envies et à son talent.

>> Matt Pyke « & Friends ? »

A la Gaité, Matt Pyke est entouré de ses « friends », comprendre par là ses proches collaborateurs parmi lesquels on trouve son frère, le musicien Simon Pyke, et de nombreux artistes comme Thomas Eberwein, Paul Simpson et Norra Rahim, ou encore Karsten Schmidt.

Plongée dans l’univers de Matt Pyke, pour une visite en immersion digitale… :

 

>> La visite débute dans la chambre sonore, et met immédiatement dans l’ambiance. Le son de Simon Pyke enveloppe et semble jouer avec le visiteur : la musique s’arrête subitement tandis qu’un laser rouge flashe le spectateur, comme pris en flagrant délit de mouvement incohérent.

>> Mais ne nous attardons pas trop. A côté du cocon acoustique apparaît, majestueuse, l’une des pièces maîtresses de l’exposition, que l’on observe depuis la mezzanine. Une œuvre vidéo qui vit en boucle, et ne prend jamais fin.

Sur 21 m de long sur 4,5 m de haut, un étrange ballet est en cours. « Supreme believers » met en scène des danseurs, fragiles et obstinés, luttant inlassablement contre une force invisible et supérieure, qui les empêchent d’avancer. Cette force, c’est une tempête de sons, contre laquelle on ne peut rien. Face à elle, les corps se désagrègent et s’éparpillent, en milliers de molécules.

Envoûtant :

La boucle, c’est le thème de prédilection de l’artiste, sa manière de créer, et donc le leitmotiv de l’exposition. La majorité de ses œuvres observe donc ce schéma, dont la durée varie.

>> Enfonçons nous plus profondément dans l’univers de Matt Pyke : le plus beau reste à venir. Au niveau inférieur, la petite salle abrite en effet un trésor : une multitude de petits écrans, recouvrant l’intégralité de l’espace, hébergent de petites formes qui bougent, vivent, dansent sur une musique ultra rythmée et hypnotisent le visiteur dès son entrée. 

Au centre de cette tribu non identifiée, qui évolue en permanence pour changer de formes et de couleurs, le spectateur est pris au piège d’une chorégraphie géante et entêtante. On s’attacherait presque à ces petits, dont chaque observateur peut imaginer la nature : bouches, petits insectes, ou fragments d’os, à vous de décider.

« Communion » est sans doute l’œuvre la plus addictive de l’exposition. Attention, vous risquez d’y passer de longues minutes …

>> Enfin, on s’approche du cœur de l’exposition. Le cœur, parce qu’on son battement sourd accompagne le spectateur tout au long de sa visite. A y regarder de plus près, on s’aperçoit qu’il s’agit en fait du bruit lourd des pas d’un étrange bonhomme anthropomorphique. 

« The transfiguration » est une vidéo, en boucle, toujours, de dix minutes, qui examine les changements d’états d’un géant énergique. Tour à tour or, feu, bulles ou même poils, on ne peut s’empêcher de quitter du regard sa marche sans fin.

>> Aux côtés de ces œuvres majeures, Matt Pyke expose une multitude de travaux intrigants, décalés, esthétiques, et le plus souvent ludiques. L’humour, partout, est présent.

L’artiste s’est ainsi approprié les ruisseaux de leds qui parcourent le bâtiment. Il y livre des informations étonnantes, réflexions sur le temps qui passe. On apprend par exemple que chaque seconde, 1.115.740.740 cellules de notre corps se renouvellent, tandis que dans le même laps de temps, six cosmonautes sont en orbite.

Sur la mezzanine, des dizaines de petites sculptures s’exposent. Elles ont été conçues par code informatique, et sont nées d’une imprimante 3D. Là encore, l’imagination est ouverte. Et si on ne sait pas bien ce qu’elles représentent, on en adopterait volontiers une.

Autre exemple des multiples talents de Matt Pyke : une série de dessins automatiques sont exposés au sous-sol. Il y en a 76, comme les 76 jours pendant lesquels, chaque matin, un programme informatique a dicté des critères de dessin à Matt Pyke. Il y en a quatre chaque fois, « volcanic, random, vast, obese », par exemple, qui ont dirigé l’artiste dans la réalisation de son œuvre.

Et pour donner un peu plus envie de découvrir le monde de Matt Pyke, voici le teaser de l’exposition :

> Infos pratiques :

> Les visuels utilisés dans ce billet sont issus de documents produits ou diffusés par la Gaîté lyrique. Ils sont l’oeuvre de Matt Pyke et de Maxime Dufour

> Pour aller plus loin :

 

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