Quand Internet squatte la campagne électorale … anglaise share
back to to

Quand Internet squatte la campagne électorale ... anglaise

22 mars 2010

(visuel : visualisation du discours prononcé par Gordon Brown)

Internet ou la « réinvention de la démocratie délibérative à l’heure numérique » : le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a vanté les vertues du net comme facteur d’innovations démocratiques …. et comme source d’économies, dans un discours prononcé ce lundi, à quelques semaines seulement des élections législatives, qui doivent se dérouler le 6 mai.

Haut débit généralisé, nouvelles pratiques de l’administration, prospective et création de recettes nouvelles : le Premier ministre a annoncé plusieurs mesures très concrètes pour mettre Internet au coeur des pratiques de l’administration anglaise.

– Pour améliorer la couverture en haut-débit, l’instauration d’une taxe de 50 centimes de livres chaque mois sur chaque ligne téléphonique pourrait être présentée dès mercredi. Elle était envisagée depuis de longs mois (voir notre article : Grand emprunt : la France est-elle en retard par rapport à ses voisins ?). A terme, le gouvernement ambitionne que, via cette taxe, des compagnies du secteur des télécommunications comme BT ou Virgin Media couvrivront plus de la moitié de la population avec une connexion à 100MB par seconde.

– Le lancement d’un dashboard des démarches administratives en ligne, baptisé « MyGov » : « Ouvert et personnalisable, il nous permettra de délivrer des services qui, tout en étant universels, seront largement adaptés aux besoins de chaque individu », assure Gordon Brown, qui promet l’abandon des « sites web monolithiques et top-down » et la création d’un véritable « gouvernement à la demande ».

– La recension puis la publication en ligne, de toutes les données non-personnelles, dans la foulée du lancement du site internet data.gov.uk. ; celui-ci aura également vocation à être alimenté d’horaires de trains ou de bus : la publication de ces données via ce service fera en effet partie des clauses d’attribution des concessions de service public.

– Enfin, convoqués en véritable cautions de ce projet, Tim Berners Lee et Nigel Shadbolt, deux des inventeurs du web déjà aux manettes du projet data.gov.uk, se verront propulser à la tête d’un établissement public chargé de la prospective sur le net, un "Institut de la science du web", doté d’un budget de 30 millions de livres.

Volonté d’améliorer l’efficacité des services publics ? Evidemment. Attachement à la circulation de données, pour booster l’économie ? Sans doute. Mais, parmi les motivations affichées par le gouvernement, figure également celle … de réaliser des économies, tout simplement : « Le gouvernement peut économiser 900 millions de livres par an, simplement en permettant à ceux qui n’ont pas accès à Internet d’effectuer toutes leurs relations avec les services publics de manière plus rationnelle et efficace », assure ainsi le Premier ministre, citant des estimations du cabinet de conseils Pricewaterhousecoopers.

Mais, au-delà des faits, c’est également la proximité de cette annonce avec les élections législatives qui est source de commentaires, outre-Manche. Cette élection sera très probablement « la plus centrée autour du net », pronostique ainsi le Financial Times, dans son pourtant très factuel article sur les annonces de Gordon Brown.

Sur le "Datablog", le blog consacré au traitement des données du Guardian, le journaliste Simon Rogers s’enthousiasme évidemment des promesses faites autour de la publication de très importantes quantités de données publiques : « C’est la première fois que, si près d’une élection, les deux grands partis politiques britanniques passent tant de temps à parler de données. Dans le futur, ce sera sûrement inévitable …. mais pour l’instant, c’est déjà suffisamment "gros" pour que l’on en soit tout excité. »

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email