Quand l’art numérique investit l’univers des hôpitaux share
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Quand l'art numérique investit l'univers des hôpitaux

29 juillet 2011

« L’hôpital, c’est avant tout le lieu du soin. Il n’est pas forcément facile d’y faire entrer l’art », rappelle Rachel Even, directrice artistique d’Art dans la cité. C’est pourtant ce que cette association parvient à faire depuis sa création, en 1999.

Depuis deux ans, en plus des arts visuels, Art dans la cité propose aux établissements médicaux des interventions d’artistes numériques. Cette ouverture à d’autres modes d’expression artistique instaure un nouveau rapport avec les patients.

Explications de Rachel Even : 

« Quand nous souhaitons installer des peintures, nous pouvons le faire dans des espaces communs. Avec le multimédia, nous entrons dans des lieux plus confidentiels, plus intimes, comme les chambres ou les espaces de réanimation. L’une de nos stagiaires s’était trouvée en chambre stérile, lorsqu’elle était petite, à cause d’une leucémie. C’est avec elle qu’a germé l’idée de créer une œuvre qui permette de « sortir » de cet espace. »

C’est ainsi qu’est né, en 2010, au service d’hématologie et d’oncologie pédiatrique de l’hôpital d’enfants Armand-Trousseau, le projet « Fenêtre sur chambre ».
 
Les jeunes artistes Raphaël Isdant et Nicolas Sordello ont imaginé une île virtuelle en 3D où les enfants, hospitalisés en chambre stérile, peuvent entrer, se créer un avatar, construire une ville, apporter des objets qu’ils aiment :
 
 
Le numérique apporte ici une dimension interactive et éducative appréciable à l’hôpital. C’est aussi pour les enfants un moment de partage avec leurs parents : ces derniers peuvent accéder à ce même monde virtuel depuis une fenêtre interactive dans la salle de l’hôpital qui leur est consacrée. Le numérique permet en outre de faire des propositions évolutives.
 
 
L’île virtuelle de « Fenêtre sur chambre » se transforme alors en scène, comme le raconte Rachel Even :
 
« Les enfants vont y faire des performances qui seront relayées dans d’autres espaces. S’ils taguent, sur l’île, une image d’un mur de l’hôpital, nous pouvons projeter le résultat sur le mur réel. Il ne s’agit plus d’œuvres uniques : elles peuvent être développées dans plusieurs espaces. Et même hors de l’hôpital. »
 
 
 
Pour Olivier Galaverna, le directeur scientifique de l’association, il s’agit ici de recréer une « cour de récréation » :
«  En se créant leur avatar, ils peuvent choisir une image et se transformer. C’est important pour des enfants qui subissent des changements physiques, liés à leur pathologie, parfois difficiles pour l’image qu’ils ont d’eux-mêmes. »
Si, pour créer leur avatar, les enfants ont été accompagnés par les artistes, toutes les œuvres numériques proposées ne nécessitent pas de pratiquer l’outil informatique.
 
Ainsi, le projet d’Hugo Verlinde, intitulé « Boréal », consiste à installer un écran plasma dans les chambres de réveil des patients qui sortent du coma afin d’adoucir la transition.
 
L’œuvre présentera un ciel étoilé, conscient de la présence du patient ou de son entourage :
 
 
Un flux de particules bougera en réponse aux mouvements de la salle :
 
 
« L’art numérique à l’hôpital a un bel avenir et il y a encore beaucoup de choses à imaginer », résume Rachel Even.

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