Quand l’écologie va en ligne : le boom des réseaux sociaux verts share
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Quand l’écologie va en ligne : le boom des réseaux sociaux verts

29 octobre 2010

« Comment savoir quelle est la bonne quantité d’eau ? Comment je peux savoir s’il y en a trop, ou pas assez ? C’est possible qu’il y ait trop d’eau ?


– Oui, il est tout-à-fait possible… Ca interfère peut-être avec la vitesse à laquelle les nutriments atteignent les racines des plants. Essaye avec un réglage différent, comme dix gouttes par minutes, ou 20, et vois ce qu’en pensent tes plantes
».  

Oubliés les plateaux déserts du Larzac, ringardisées les rencontres et meetings où l’on refait sans fin le monde :l’écologiste moderne – ou « néo-écolo » agit au quotidien, par de petits gestes responsables et citoyens, et s’organise en ligne, comme le montre cet échange, repéré sur le site communautaire du projet Windowfarms.

Ce projet, mené depuis les Etats-Unis, propose de créer des jardins suspendus aux fenêtres de son appartement pour produire ses propres légumes, et a fait parler de lui jusqu’au festival Ars Electronica, à la rubrique « Repair the Environment ».  Le kit est vendu sur le site, et des forums et des groupes se forment par pays, ou autour d’une question, pour développer le projet avec l’aide du plus grand nombre. Chacun doit apporter ses trucs et astuces, dans le cadre du projet R&D-I-Y (comme Research and Develop It Yourself).

Les sites dédiés aux communautés de culture hydroponique (ou culture « hors-sol ») se multiplient, et chacun proposent sa technique d’agriculture urbaine, des Wiki Gardens, qui proposent des sacs de terre « prêt-à-cultiver », au « Click and Grow », système de culture qui ne nécessite pas d’avoir la main verte, puisque les plants sont programmés pour grandir seuls et sans aide extérieure.

Point commun de tous ces jardins urbains : une communauté web très active, qui participe, échange, conseille et aide même au financement des projets. Les réseaux sociaux environnementaux n’offrent pas simplement des services, mais développent un projet plus global de vie en société. Bien sûr, les problèmes environnementaux restent le point de rencontres entre membres de la communauté, mais pas seulement.

Le but est également de construire une nouvelle solidarité, via le Web. Le projet Naked Table, par exemple, donne la possibilité de construire sa propre table à manger dans un bois issu de forêts gérées durablement. Mais il réunit surtout les habitants d’un même quartier autour de ce projet. Tous les voisins mettent donc la main à la pâte pour réaliser ensemble un objet écolo et responsable.

 D’autres sites constituent d’ailleurs de véritables réseaux sociaux environnementaux qui rassemblent des « amis » soucieux des problématiques écolos. Tinkuy ou Humanvillage, affichent tous les services d’un Facebook : listes d’amis, groupes et permettent en plus de proposer ses services, ses compétences, de faire la promotion de son association et d’échanger ses bons plans verts et responsables. Le site Planète Attitude, créé à l’initiative du WWF, a quant à lui mis en place une plateforme commune à tous les écologistes, dans le but de donner un espace d’expression aux individus et associations, sur toutes les questions de préservation de l’environnement.

Sur le plan politique, les militants écologistes ont également eu leur "moment" : les élections européennes de 2009. Précurseurs d’un certain nombre de pratiques aujourd’hui reprises par les partis politiques "traditionnels", on pouvait voir les germes de l’innovation cybermilitante dès 2008, avec le premier lipdub, testé par un candidat vert aux élections municipales, avant que l’idée ne soit reprise pour les Européennes, l’année suivante, par Europe Ecologie. La réalisation du clip portait d’ailleurs particulièrement les valeurs de ce rassemblement hétéroclite : il s’agissait en effet d’un montage composé d’une multitude de vidéos tournés aux quatre coins de la France, et dans les DOM-TOM, figurant la forme réticulaire propre au mouvement écologiste.

Toujours présents en 2010, même si moins innovants, les "écologeeks" des élections régionales ont su rassembler des professionnels du web (développeurs, designers, graphistes, etc.) au service de la création d’un réseau social propre à Europe Ecologie. Ce premier cercle de personnes capables de produire et de créer n’excluait pourtant pas la participation de l’ensemble des militants et des sympathisants.

Là encore, la forme peu institutionnalisée du mouvement s’est révélée un atout particulièrement adapté à la pratique du Web. Les écologeeks ont été présents sur l’ensemble des réseaux sociaux, des plus traditionnels aux plus originaux, avec notamment la possibilité de prêter sa voix à une playlist écolo sur Deezer. Ils ont surtout mis en place leur propre groupe de veille, les "Sentinelles", alternative au militantisme traditionnel … pour sympathisants en manque de temps libre.

Dernier front : celui de l’utilisation professionnelle des réseaux sociaux. Cela débute, tout doucement, avec, par exemple, DDnetwork, qui met en relation les métiers du développement durable, en France. Les membres peuvent y remplir un profil, laisser un CV, et poster des annonces de demandes ou d’offres d’emplois.

> Visuels utilisés dans ce billet :

Petal par Ashleigh290, licence CC

http://www.windowfarms.org/ par cesarhara.com, licence CC

WindowFarm @ Kiasma par _foam, licence CC

 

 

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