Quand les start-up font avancer la lutte contre le réchauffement climatique share
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Quand les start-up font avancer la lutte contre le réchauffement climatique

14 décembre 2009

(photo : Los Angeles toutes lumières allumées, par farfromthepicture, licence CC)

« Nous sommes en situation d’urgence climatique. La meilleure réponse technologique dans la course actuelle contre le temps est la start-up : c’est elle qui apportera des solutions pour tenter de gagner un temps précieux et offrira des solutions pérennes et évolutives. » Evidemment, l’homme qui parle ainsi est le directeur général d’une start-up. Evidemment, son point de vue fera grincer des dents les patrons de labos de recherche universitaire – qu’il a, par ailleurs, longtemps fréquentés.

Mais les faits sont là : Carlos Moreno, professeur des universités en disponibilité qui dirige aujourd’hui l’entreprise Sinovia, peut se vanter de faire progresser, sur le terrain, la cause des économies d’énergies.

Son entreprise d’une trentaine de personnes, réparties sur quatre sites en France (Evry, Fresnes, Lyon et Nancy) et deux sites à l’étranger (Boston aux Etats-Unis et Angleterre), propose notamment un système de télégestion de l’éclairage, baptisé €colighting qui, moyennant un pilotage fin, permet « de réduire les coûts énergétiques de l’éclairage public de 30% ». Après l’installation d’un nombre significatif de sites pilotes (Bourg-la-Reine, Brie Comte Robert, Casablanca, Fresnes, Les Mureaux, Paris…), Sinovia vient d’être retenue pour un déploiement début janvier correspondant à 10.000 « points lumineux », au début de l’année 2010.

« Notre technologie permet à chaque lampadaire de devenir un objet communicant, grâce à ses capacités de traitement local apportant une intelligence distribuée pour relayer et gérer de l’information au-delà du pilotage du candélabre en lui-même », détaille Carlos Moreno. Le patron de Sinovia revendique un positionnement stratégique similaire à celui « du web 2.0 : un réseau d’objets communicants avec la convergence de la cartographie adaptative et le traitement massif des données. »

Sinovia n’est pas la seule jeune pousse du marché à proposer des solutions « vertes » : « La technologie peut aider à sauver la planète, il faut juste que l’on prenne les bonnes décisions pour y parvenir », revendique ainsi Tony Gomes, à la tête de Vertelis, start-up de 20 personnes basée en région parisienne, qui participait, jeudi dernier, à LeWeb.

« Vertelis [veut] démocratiser la technologie pour réduire de façon importante les consommations des infrastructures tertiaires. Notre logiciel [Server IT, NDLR] publie des indicateurs, des éléments d’action, pour signaler fuites, portes ouvertes, défauts, pannes. On peut par exemple se rendre compte que des systèmes tournent pour rien, le week-end, dans des locaux …», raconte Tony Gomes, dans cette interview vidéo réalisée par le site spécialisée cleantechrepublic.com, en juillet 2009 :

 

Pierre Béal, directeur général de la société Numtech, spécialisée dans l’expertise, le calcul et la modélisation des phénomènes atmosphériques, reconnaît lui aussi se situer dans un « secteur fortement innovant », et souligne la « stimulation » qui y règne actuellement. Mais, selon lui, il faut y ajouter une autre donnée : les mentalités seraient réellement en train d’évoluer. « Certains de nos plus grands clients faisaient appel à nous pour satisfaire leurs obligations règlementaires ; aujourd’hui, on parvient à dépasser ce cadre » affirme-t-il.

Alors, les start-up, meilleure solution pour lutter contre le réchauffement climatique ? Sans doute, mais pas complètement seules. Carlos Moreno, de Sinovia, reconnaît ainsi l’utilité des réunions internationales : « Les grands sommets sont nécessaires pour obtenir des cadres, des tendances de développement indispensables, témoignant d’une volonté politique permettant de mobiliser les moyens. » Tony Gomes, de Vertelis, qui pénètre actuellement le marché américain juge, lui aussi, le rôle du politique et sa capacité de mettre les sujets environnementaux à l’agenda déterminante : « Depuis qu’Obama est là, on ne parle plus que de ça ! … »

> Pour aller plus loin, vous pouvez également consulter le dossier «
La fureur verte», publié en juin 2008

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