Quand l'open data devient un modèle économique

7 octobre 2010
 
Opendata, suite : après un voyage au Canada et à Paris, pour explorer les conséquences démocratiques du mouvement de mise à disposition de données publiques de toutes sortes via le web, voici une (petite) exploration de la dimension business de l’opendata.
 
Permettre aux industriels de la cosmétique, dont les ventes de certains produits sont corrélées aux variations d’émissions d’allergènes, de cibler leurs campagnes sur des zones sujettes à des pics de pollution plutôt que d’arroser sans discernement. 
 
Voire : faire prendre conscience aux spécialistes ès marketing que la météo influe de façon très importante les ventes de certains produits alimentaires, et ce dans des proportions très différentes selon les régions.
 
Voilà l’idée de deux entrepreneurs, Bruno Walther, ex-président d’OgilvyOne, et Gilles Babinet, serial-entrepreneur à la française, qui, réunis dans la start-up CaptainDash, ont constuit un business model dont deux des éléments clefs sont l’opendata et le cloud computing.
 
Leur produit, c’est un tableau de bord qui croisera à la fois des données internes à l’entreprise (ventes, stocks…) et externes (géographie, santé publique, pollution, météo, politique…) ou toute autre qui sera jugée pertinente par ses clients. Objectif : permettre aux acheteurs d’optimiser la pression publicitaire. « On s’est rendu compte que la plupart des entreprises n’avaient pas d’instrument performant pour croiser toutes les informations dont elles disposaient », explique Gilles Babinet.
 
Leur analyse est simple : pas plus de 10 % des informations disponibles à l’intérieur des entreprises n’intéressent vraiment les gens du marketing. Le reste leur arrive de l’extérieur. Malheureusement, ils ne sont pas forcément conscients de tout ce qui pourrait être utile à leur choix de communication et encore moins capables de les synchroniser. 
 
Une mutation de structure permet également à Captain Dash de mieux utiliser ces données : le phénomène cloud, tout simplement. Gilles Babinet présente une théorie à ce sujet : l’opendata va générer quantité d’idées de business.
 
Et avec le cloud, pas de problème pour les mouliner et en tirer profit. « Je suis convaincu qu’un jour, un type pourra monter un business de chez lui avec sa seule carte bancaire, et faire fortune. Et encore : ce n’est pas sûr qu’il ait besoin de dépenser un sou », lance même Gilles Babinet.

 

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