Quel avenir culturel nous réserve le numérique ?

23 décembre 2014

Mi-décembre, Nicolas Petit, directeur Marketing et Opérations de Microsoft France, réunissait des acteurs clés du monde de la culture et du numérique pour la 3ème édition de #Digitalk. Un temps d’échanges et de débats avec ceux qui vivent, façonnent et créent la société numérique de demain.

Le numérique transforme l’ensemble des pans de notre société et le monde de la culture n’est pas en reste. « Le sentiment global est celui d’une inquiétude des acteurs, face à ce qui est un paysage en recomposition. Les modèles traditionnels, qui ont longtemps reposé sur des écosystèmes fermés, sont remis en cause sans que des modèles alternatifs n’émergent encore avec certitude » précisait Nicolas Petit en introduction de cette matinée d’échanges.

Autour de lui, justement, de nouveaux acteurs, comme Cédric Gaudard, cofondateur de la start-up TraxAir, une solution pour une rétribution équitable des artistes; Mathieu Maire du Poset, directeur général adjoint d’Ulule, la plateforme de crowdfunding qui monte; ainsi que des acteurs plus traditionnels qui cherchent de nouvelles voies d’action : Guillaume Maréchal, responsable mécénat du Musée d’Orsay; Olivier Leguet du Forum d’Avignon qui a initié à la rentrée une Déclaration des droits de l’Homme numérique ou Guillaume Klossa, de l’European Broadcasting Union. 

Une collaboration entre Ulule et le Musée d’Orsay

Incarnant l’espoir de la foule qui sélectionne elle-même des œuvres, les finance et les soutient, le crowdfunding est-il une solution durable ? Le musée d’Orsay a mené une opération de financement pour la restauration de l’Atelier du Peintre de Courbet : sur les 30.000 euros espérés, ils en ont récolté plus de 150.000, soit plus de 500% de l’objectif fixé. Cette campagne a bénéficié d’un double partenariat avec Ulule et BDDP/TBWA, afin de proposer un projet accessible à tous, compréhensible et fédérateur.

Le choix de cette œuvre pour un appel aux dons (le premier de l’histoire du Musée d’Orsay) sur la plateforme de crowdfunding se veut également un clin d’œil à l’histoire même de l’œuvre, puisqu’en 1920, le Musée du Louvre l’avait acquise grâce à une souscription nationale, quand Courbet lui-même avait financé son exposition en 1855 dans un bâtiment édifié à ses frais suite à son refus au sein de l’Exposition Universelle.

Si l’initiative n’est pas nouvelle pour un Musée – le Louvre le fait depuis 2008 – Guillaume Maréchal souligne néanmoins l’hybridation qui existe aujourd’hui entre médias traditionnels et web :

« Ce qui est intéressant, c’est que cela permet de toucher une cible différente de celle du mécénat traditionnel. Nous ne levons pas forcément plus de fonds qu’avec la société des amis, mais nous élargissons la base des contributeurs. Ici, on a pu observer l’impact des médias traditionnels : lorsque nous sommes passés au JT, la campagne a été boostée. »

Et Mathieu Maire du Poset de préciser l’ampleur du phénomène du crowdfunding culturel :

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email