Quelques facteurs clefs de succès pour une politique d’opendata share
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Quelques facteurs clefs de succès pour une politique d'opendata

4 octobre 2010

Nous poursuivons notre exploration de la galaxie opendata, entamée par un entretien avec Jean-Louis Missika, adjoint au maire de Paris, qui nous a annoncé la future mise en ligne de jeu de données à Paris. 

Nous avons interrogé deux acteurs clefs du mouvement opendata au Canada, David Eaves, qui a fortement contribué au lancement de la politique d’opendata à Vancouver, et Chris Moore, à la tête des systèmes d’information de la ville d’Edmonton. Et nous avons identifié, avec eux, quelques-uns des facteurs clefs de succès pour initier et développer une politique d’opendata pour des acteurs publics.

1. Une volonté politique forte

La scène se passe au conseil municipal de Vancouver, le 19 mai 2009. Dans une démarche alors totalement inédite, les élus de cette ville de 600 000 habitants de la côte ouest du Canada, s’accordent pour voter une « charte » solennelle, consacrant l’engagement de la ville à ouvrir ses données – elle est ici, au format PDF.

Onze « considérants », trois grands principes, et six actions à mener formalisent, noir sur blanc, l’une des politiques d’opendata les plus ambitieuses adoptées par une collectivité locale – elle a d’ailleurs été depuis imitée, notamment par la ville de Paris.

Explication de David Eaves, 35 ans, l’un des rédacteurs de cette charte, et un des « gourou » du mouvement opendata au Canada :

« L’un des objectifs était, à court terme, de consacrer un engagement permettant de lancer des travaux concrets, et d’aboutir à des réalisations rapidement. »

2. L’exemple par la preuve

Même les données les plus triviales en apparence peuvent trouver un intérêt immédiat pour la collectivité. Exemple avec l’application Van-Trash, qui propose aux habitants de Vancouver un système d’alerte pour les avertir du jour de passage des éboueurs dans leur secteur, sur une carte : 

vantrash

Cela n’a l’air de rien en apparence, mais, à mesure que les habitants utiliseront ce système, l’efficacité des tournées programmées par la municipalité sera renforcée et cela lui évitera de devoir envoyer des « tournées » de ramassage des poubelles supplémentaires, et très coûteuses.

Décryptage de David Eaves :

«  C’est le début d’un vrai cercle vertueux. Les politiques, en voyant ce genre d’applications, et les économies qu’elles peuvent permettre, sont incités à accélérer le processus. Plus de données, ce sont plus d’applications, donc plus de start-up mobilisées. Et, au final, de meilleurs services rendus au citoyen ! »

3. Mobiliser un écosystème

Tout cela suppose toutefois une condition de taille : la formation d’un écosystème de développeurs. C’est lui qui, en construisant des applications, jouera le rôle de médiation entre les citoyens et les données. Il s’agit donc à la fois d’une création de sens et de valeur.

« À Vancouver, la communauté opendata, qui préexistait à la politique municipale, a été mobilisée dès les premières réflexions, lors de la rédaction de la charte adoptée en conseil municipal,  notamment. Mais nous programmons également des réunions, au format atelier, associant à la fois politiques, communauté de développeurs et citoyens : tout le monde est invité à donner des idées, une forme de mobilisation nouvelle et efficace »

4. Profiter des innovations structurelles

Le cloud computing, accélérateur de l’ouverture des données publiques ? Chris Moore, le CIO d’Edmonton, l’une des premières villes à avoir fait le choix du développement d’une politique d’opendata basée à 100 % sur des technologies cloud, en est convaincu.

Dans sa ville, entre le moment où la volonté politique a été actée, et la publication des premiers jeux de données, trois petites semaines seulement se sont écoulées. Explication : Edmonton a choisi d’héberger les données et les applications hors des serveurs de la ville, dans une solution 100% cloud.

Décryptage de Chris Moore :

« Nous voulions aller vite ! Le choix d’infrastructures propres aurait été beaucoup trop long et fastidieux. Le cloud nous a semblé une solution naturelle, une manière logique d’étendre notre écosystème en ligne. Tout cela était vraiment presque déconcertant de facilité… Notre métier, ce n’est pas de faire de l’informatique, encore moins de la maintenance de serveurs. Mais de saisir tout le potentiel de la technologie pour proposer de meilleurs services aux citoyens.» 

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