Qu’est-ce qu’un « smart grid » ? Zoom sur l’énergie intelligente de demain share
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Qu'est-ce qu'un « smart grid » ? Zoom sur l'énergie intelligente de demain

12 avril 2012

Décoder, décrypter et répondre aux questions de votre quotidien numérique : l’Antisèche revient sur RSLN. Aujourd’hui, à l’occasion de la présentation d’IssyGrid le « premier réseau de quartier intelligent », découvrez le « smart grid » – ou comment les « Big data » peuvent nous aider à optimiser notre consommation énergétique. 

> Les « smart grids », comment ça marche ?

En 2012, l’innovation en matière d’efficacité énergétique passera sans doute par les « smart grids ». Concrètement, il s’agit d’ajouter un système d’information au réseau électrique pour le rendre « intelligent ». Cela permet d’optimiser la gestion de notre consommation d’électricité, pour faire des économies d’énergie en la consommant mieux. C’est un parfait exemple de la façon dont les « big data » récoltées par une multitude d’objets intelligents et interconnectés peuvent contribuer à réduire notre empreinte carbone

Les smart grids agissent principalement à trois niveaux :

D’abord à l’échelle individuelle, ils stimulent des comportements vertueux en responsabilisant les habitants vis-à-vis de leur consommation d’énergie. Chaque foyer a accès en temps réel à toutes les données de sa consommation regroupées sur un tableau de bord central. Le logiciel permet même aux habitants de piloter à distance les principaux appareils de la maison grâce à leurs smartphones. Ainsi, dans un réseau énergétique « intelligent », l’intelligence vient en partie de l’utilisateur à qui on donne les clés de la gestion de sa consommation.

Anonymisées, les données d’usage sont ensuite centralisées et traitées en temps réel par un service local d’information, de gestion et de conseil de l’énergie. Son rôle est d’optimiser la gestion de l’énergie à l’échelle du quartier, en l’intégrant harmonieusement au réseau de distribution publique et en ayant recours à des moyens de stockage. Ainsi à l’échelle du quartier, l’agrégation des données permet une gestion globale plus efficace. En effet, lors des pics de consommation, nous sollicitons les moyens de production les plus chers et les plus polluants. Le smart grid permet de prendre en permanence le « pouls énergétique » du quartier, de lancer des alertes en cas de surconsommation, etc. Il devient alors possible de lisser les pointes de consommation pour réduire l’empreinte carbone du quartier.

Enfin, le smart grid permet à chaque bâtiment d’intégrer harmonieusement une production locale d’énergies renouvelables. Par exemple, des bâtiments équipés de panneaux photovoltaïques pourront être plus autonomes vis-à-vis de la distribution publique, en consommant leur propre électricité.

> IssyGrid, qu’est-ce que c’est ?

IssyGrid est un projet ambitieux de « smart city » (ou ville intelligente) : un réseau énergétique intelligent développé à l’échelle d’un quartier d’Issy les Moulineaux.
 
Piloté par un regroupement original de collectivités locales, de dix grandes entreprises publiques et privées – dont Microsoft France [NDLR : l’éditeur de RSLN] – et de quatre start-ups, le projet a vu le jour il y a un an. Aujourd’hui, il s’étend à une dizaine de logements-test, un bâtiment tertiaire, deux installations photovoltaïques et un parc de seize véhicules électriques.
 
Les logements ont été dotés d’équipements permettant aux habitants de suivre et de piloter leurs consommations à distance, par type d’usage (chauffage, éclairage, eau chaude sanitaire et autres) ou par équipement branché (réfrigérateur, poste de télévision, informatique…).
 
Ces essais, concluants, permettent de lancer la phase opérationnelle du projet : dans le secteur d’affaires Seine-Ouest, quatre immeubles d’entreprise seront bientôt équipés d’un système d’information. L’éclairage public, lui aussi, sera rendu intelligent : les candélabres pourront être pilotés individuellement et s’adapteront en fonction du trafic routier. Enfin, les habitants de l’écoquartier Fort d’Issy pourront gérer leur consommation électrique en temps réel : le réseau prévoit de connecter 1600 logements d’ici à 2013.

Les enjeux du projet sont multiples, et pour tous les acteurs : pour la ville, il s’agit d’innover sur son territoire en vue de réduire son empreinte carbone, et de répondre localement aux enjeux énergétiques globaux. Pour les résidents, c’est l’occasion de réduire la consommation et la facture énergétiques, et d’être guidé dans l’adoption des « gestes verts ». 
 
Du point de vue des entreprises, c’est également l’opportunité d’une réduction des charges liées à la consommation électrique. Les distributeurs d’électricité y verront un moyen de favoriser les comportements vertueux, quand les gestionnaires de réseaux gagneront un moyen efficace de garantir la qualité et la sécurité de la distribution tout en maîtrisant et en optimisant les flux. 
De leur côté, les partenaires du projet espèrent valoriser les données énergétiques et définir de nouveaux modèles économiques. Avec les problématiques concrètes soulevées par ce projet pilote, ils entendent également participer à l’évolution de la réglementation.
 

> Un compteur intelligent, et après ?

Dans l’esprit de ses créateurs, Issygrid ne se limite pas à un « techno-push » d’intelligence dans le réseau. La première source des économies d’énergie viendra des comportements des consommateurs. Mais pour favoriser des comportements vertueux, il ne suffit pas d’offrir aux habitants des moyens d’action sur leur facture d’électricité. IssyGrid mise aussi sur l’accompagnement des usagers pour les aider à prendre conscience de l’intérêt d’une gestion attentive de l’énergie. Le centre d’information, d’analyse et de services du quartier, baptisé la VIGIE, proposera des programmes de coaching et des conseils. Linky, le compteur intelligent, permettra également de doter le réseau d’une infrastructure de communication complète. 

La première vertu des Big Data, c’est de donner un rôle central à l’utilisateur. Le réseau intelligent est aussi une innovation qui en appelle d’autres : en recourant aux technologies de cloud computing, et en permettant la diffusion de données interopérables, le projet entend encourager l’innovation et favoriser l’apparition de nouveaux services aux citoyens. Dans cette longue traîne d’innovations, de nouvelles perspectives en termes d’emploi, de métiers et de compétences pourraient apparaître.

« Mobilisera-t-on un jour un lab ou un hackerspace citoyen pour modéliser et proposer de nouveaux services ? » demande-t-on à la conférence organisée pour le lancement du projet. Si l’on n’en est assurément pas encore là, les parties prenantes l’assurent : c’est bel et bien l’esprit d’IssyGrid, qui proposera notamment une interface open data aux citoyens. De quoi permettre à tout un chacun d’inventer les services urbains de demain.

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