Robolift11 : « Les robots peuvent changer nos habitudes et notre façon de nous comporter » share
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Robolift11 : « Les robots peuvent changer nos habitudes et notre façon de nous comporter »

25 mars 2011

Commençons par un petit test. Si l’on vous dit « robot », quelle est la première image qui vous vient spontanément à l’esprit ? 

Quelque chose comme … :

 Cliquez sur la photo si ce visage ne vous dit rien ...

(cliquez sur la photo si ce visage ne vous dit rien)

Ou …. :

 Idem : la réponse dans le lien !

(idem)

Voire … :

 La bande annonce est au bout du clic ...

(idem, encore : la bande-annonce est au bout du clic)

Sans doute. Et vous aurez tort.

Car, aujourd’hui, les robots sont un peu partout, et sans que l’on s’en rende vraiment bien compte.

  • Des milliers d’entre eux ont été et sont toujours envoyés en Afghanistan ou sur d’autres champs de bataille pour déminer caves ou grottes. 
     
  • D’autres sont déployés là où les hommes ne peuvent pas se risquer à aller, comme dans certains secteurs de la centrale de Fukushima où, peu sensibles aux radiations, ils peuvent tenter d’aider à contenir la catastrophe en cours


  • Comment ne pas citer également les exosquelettes qui offrent des possibilités complètement nouvelles pour les personnes à mobilité réduite.
C’est justement contre cette idée, et bien au delà pour porter les idées de la robotique et montrer ses possibilités, qu’était organisé, du mercredi 23 au vendredi 25 mars, le salon Innorobo, au Palais des Congrès de Lyon.  Lift en a profité pour organiser en parallèle la RoboLift11, une série de conférences sur la robotique, ses enjeux, ses fondements et pour se livrer à un petit exercice de prospective. 
 
Nous étions présents et nous vous proposons un premier compte-rendu des échanges du jeudi 24 mars : plutôt que de présenter l’un après l’autre les nombreux participants, nous avons préféré regrouper leurs propos, souvent proches, dans de grandes thématiques, pour plus de lisibilité.
 
>> Suivez le (robot) guide !
 
> On commence par la base : mais c’est quoi un robot ?
 
Fujiko Suda, japonaise et ethnographe du design, se réfère à l’Encyclopaedia Britannica pour donner une définition du robot : 
« Toute machine fonctionnant automatiquement qui vient remplacer l’effort humain, même s’il ne ressemble pas à un être humain en apparence ou s’il n’accomplit pas ses fonctions d’une manière humaine. » 
Elle montre que suivant cette définition, un ordinateur mais également un smartphone, ou encore un micro (car ils augmentent les capacités vocales de son utilisateur) seraient donc des robots.
 
Frédéric Kaplan, chercheur en intelligence artificielle (et déjà croisé dans la rubrique débats de RSLN) ajoute une nuance :
« Les robots sont des ordinateurs qui vivent dans le même espace que nous, humains ».
Il explique qu’ils ne sont pas figés dans un écran, mais ils interagissent dans le même monde que nous.
 
Alexandra Deschamps-Sonsino préfère parler de « compagnons digitaux » : pas dans le sens ami, mais dans celui de « connaissance » :
« D’ailleurs si on y pense, notre tout premier compagnon digital, c’est sans doute Clippit, qui essayait avec peu de succès de nous aider dans Word par exemple » (si, si, souvenez-vous il ressemblait à ça)
Mais considérer les robots comme des compagnons, plus efficaces que Clippit, suppose qu’ils comprennent leurs utilisateurs, leurs émotions, le contexte. Et apprendre à des robots les infinités de nuances de nos émotions et de nos expressions n’est pas une tâche aisée, si l’on veut dépasser le stade de l’animation.
 
Pas convaincus ? Regardez cette démonstration de Tyra Banks sur les faux sourires, projetée pendant la conférence :

Les robots doivent également comprendre le contexte : savoir quoi faire, à quel moment, de quelle manière.
 
Ce que les chiens font remarquablement en somme : 
 
« Un bon robot compagnon doit vous comprendre et percevoir vos mimiques émotionnelles pour interagir avec vous. »
 
Les robots doivent être sociaux et doivent donc apprendre à décoder la complexité des émotions humaines. Mais cela ne suffit pas : ils doivent trouver leur place, avec tout ce que cela implique.
 
> Entre le monde des humains et le monde des robots
 
Comment se produit cette rencontre entre le monde des humains et celui des robots, lorsque par exemple un robot pénètre dans son nouveau foyer ?
 
Frédéric Kaplan revient sur cette « collision entre les mondes et conséquences parfois inattendues. »
 
Exemple avec les robots nettoyeurs : nombre des robots vendus au grand public sont des robots de nettoyage. Autonomes, ils nettoient en votre absence. Sauf que les conséquences sont parfois surprenantes : les enfants aident souvent le robot à nettoyer, en lui enlevant les obstacles, en rangeant pour lui voire en nettoyant avec lui. 
 
Ainsi un robot destiné à permettre aux humains d’accorder moins de temps aux taches ménagères a pour conséquence… d’augmenter ce temps.
 
Explications de Frédéric Kaplan :
« Parce que les robots partagent notre espace, ils peuvent changer nos habitudes, notre façon de nous comporter. Les robots sont un nouveau type de média qui vient s’ajouter à notre monde : nous devons apprendre à interagir avec ce nouveau média. »
Alexandra Deschamps-Sonsino propose de jouer avec un robot pour mieux comprendre ce nouveau média, de l’essayer avant de l’acheter, comme on essayerait une voiture : en clair, d’essayer de l’intégrer dans notre vie, dans notre espace, de lui trouver sa place et sa valeur.

 
Oui mais pourquoi faire ? A quoi peuvent-ils servir ? Quelle est la valeur ajoutée de ces robots ? Et pourquoi s’ils semblent si prometteurs ne rencontrent-ils pas l’engouement escompté ? C’est ce que nous verrons dans la deuxième partie de notre reportage à la RoboLift11. Stay tuned 🙂
 
> Visuels utilisés dans ce billet : 
 
R2-D2, par Andres Rueda, licence CC
C3PO, par Piutus, licence CC
I-robot, le film : capture d’écran.

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