Sandy : comment garder le contact au coeur d’un ouragan ? share
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Sandy : comment garder le contact au coeur d'un ouragan ?

6 novembre 2012

Depuis le passage de la tempête Sandy dans la nuit du 29 au 30 octobre 2012, près de huit millions de foyers ont été privés d’électricité dans le nord-est des Etats-Unis. Un grand nombre d’antennes relais ont subi d’importants dégâts, privant ainsi une partie de la population de toute communication téléphonique et d’accès à Internet. 

Comment alors organiser les secours, informer les citoyens, rassurer ses proches dans cette situation critique ? Entre débrouille, entraide et action gouvernementale, retour sur ces quelques jours hors du temps.

> « Ville noire » déconnectée

Dans les heures qui ont suivi le passage de la tempête, la côte Est américaine, et en particulier New-York, s’est réveillée avec un nouveau visage. La ville qui ne dort jamais ressemblait alors à un décor de science-fiction, plongée dans le noir, comme en témoignent les nombreuses vidéos postées en ligne :

Mais plus que ce nouveau visage, c’est avant tout le manque d’accès à l’information dont les habitants ont été victimes, qui a inquiété. Sans accès à internet et sans réseau téléphonique, s’informer ou rassurer ses proches devient un parcours du combattant. Un exemple ? Les cabines téléphoniques encore opérationnelles de la ville, d’ordinaire de plus en plus délaissées, ont été prises d’assaut par les habitants. 

C’est d’ailleurs lors de ces conversations, avec des interlocuteurs souvent situés à l’étranger, que les américains de la côte Est ont accédé aux dernières nouvelles les concernant, notamment sur l’état des infrastructures et du réseau électrique. Des informations dont le New-York Times se fait écho en ligne avec une visualisation interactive :

> Mobilisation collective et créativité 

Dans un tel contexte, les habitants ont dû s’adapter et stimuler leur créativité afin de mettre en place un certains nombre d’actions solidaires dans cette situation quasi irréelle. 

Tandis que les opérateurs de téléphonie mobile s’attelaient à rétablir les réseaux endommagés, les new-yorkais se sont organisés afin de recharger leurs téléphone portables. Certains habitants ont ainsi recréé une dynamo pour générer de l’énergie électrique. D’autres mettent à disposition leurs prises dans les rares maisons ou bars qui étaient encore alimentés.

 

Certains actes solidaires sont aussi à l’initiative d’entreprises. C’est le cas de Moxy, fournisseur de stations de recharge pour les téléphones portables. La start-up a en effet mis à disposition son matériel tout en offrant une connexion Wi-Fi. La banque américaine Chase a ensuite proposé de prêter l’un de ses bâtiments ayant encore de l’électricité afin d’installer les bornes. L’occasion pour l’entreprise de faire connaitre, solidarité pouvant aussi rimer avec marketing.

Ces pratiques très DIY – Do It Yourself – sont ainsi venues compléter les vastes opérations de l’armée et des services publics américains pour rétablir la situation le plus rapidement possible.

 

> L’importance des réseaux sociaux en situation de crise

Logiquement – et une fois les problèmes électriques réglés – les réseaux sociaux se sont imposés comme des acteurs essentiels dans la gestion de la catastrophe :

« Montrer. Partager. S’organiser. En traversant la côte est des Etats-Unis, l’ouragan Sandy a jeté une lumière nouvelle sur l’omniprésence des réseaux sociaux dans la vie des Américains. Un exemple parmi d’autres : mardi 30 octobre à la mi-journée, ce sont quelque 530 000 photos accompagnées du mot clé #Sandy qui avaient été partagées sur Instagram » explique par exemple Le Monde.

Et les autorités américaines l’ont bien compris : entre le 28 et le 31 octobre, près de six millions de courts messages faisant référence à Sandy ont été postés sur Twitter, notamment des annonces par les services d’urgence. Les gouverneurs des Etats menacés par Sandy ont régulièrement envoyé des informations concernant les routes barrées ou les numéros verts, mais aussi des conseils pratiques comme le rapporte le NouvelObs :

« Depuis 24 heures, le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, a envoyé une centaine de tweets à ses quelques 35.000 abonnés pour les tenir informés des derniers développements liés à l’arrivée de l’ouragan. » 

 

Cet exemple de l’utilisation des réseaux sociaux par les habitants et par les autorités américaines, souligne leur poids dans la mobilisation des forces nécessaires à la bonne gestion d’une situation de crise.

Et rappelle une autre situation d’urgence – le tremblement de Terre à Haiti en 2010 – où des plateformes comme Ushaidi avaient permis d’aider à coordonner les secours, à cartographier l’île et à lutter contre la propagation des épidémies. C’est ce qu’était venu nous expliquer Clay Shirky, dans le cadre des Rencontres RSLN.

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