Satya Nadella : « Tous les emplois de demain nécessiteront d’être en mesure de débloquer l’intelligence des données » share
back to to

Satya Nadella : « Tous les emplois de demain nécessiteront d’être en mesure de débloquer l’intelligence des données »

7 décembre 2015

Lors de sa venue à Paris en novembre 2015, Satya Nadella, CEO de Microsoft, est intervenu à La Sorbonne. Dans le grand amphithéâtre de la prestigieuse université parisienne, il a livré sa vision des changements de culture à impulser au sein des entreprises et des nouvelles compétences cloud et data à développer pour saisir les opportunités du numérique. RSLN y était. 

« Chaque entreprise a une mission. Chez Microsoft, nous voulons donner à chaque personne et à chaque entreprise les moyens de réaliser ses ambitions. Et cela, peu importe son secteur d’activité ou le pays dans lequel elle est installée.

Notre ambition est triple :

  • Réinventer la productivité et les process business ;
  • Construire la plateforme de cloud intelligent ;
  • Développer un nouvel environnement de travail (personal computing)

Tout est interconnecté, l’un ne va pas sans l’autre.

 

Cloud, Big Data, Internet des objets : où en sommes-nous ?

Au cœur de cela, il y a le big data, les outils d’analyse et le machine learning. Chaque ordinateur, tablette, smartphone, chaque utilisateur, tout ce qui se passe à travers le monde produit une multitude de données qui peut permettre de créer de nouveaux process, de nouveaux business models, de nouvelles inventions. Et chez Microsoft, nous voulons que les entreprises et les individus réussissent à tirer le meilleur parti de ces données.

Si l’on regarde un peu en arrière, les données ont longtemps existé seulement sous forme analogique – je parle ici des livres, des cassettes, etc. En 1986, cela représentait l’équivalent de 2,6 exabytes.

Plus tard sont apparus les CD, les DVD, Internet… Les données se sont diversifiées et se sont multipliées, en particulier au format numérique. Et aujourd’hui, cela représente 10 zettabytes de données numérisées ! Des données accessibles sur le web, hébergées dans le cloud.

Et si l’on se projette un peu, par exemple en 2020, nous allons atteindre 50 zettabytes de données. Cinq fois plus qu’aujourd’hui ! Des données en provenance des objets connectés, d’applications dans le cloud, de nos smartphones… La vaste majorité sera hébergée dans des serveurs connectés. Le cloud sera le lieu dans lequel les données de la planète, ses informations, son intelligence, seront entreposées. Et cette transformation est en train de révolutionner chaque industrie.

Car aujourd’hui, la donnée a le pouvoir de transformer tous les business, de révolutionner toutes les industries. Imaginez que vous soyez en mesure de prédire, prescrire et automatiser des décisions à prendre, de la recommandation sur des sites d’e-commerce à la détection des fraudes en passant par une gestion intelligente du trafic routier ou encore le management des ressources énergétiques.

Tous les emplois de demain, et pas seulement ceux dans le domaine de la  « tech », nécessiteront d’être en mesure de débloquer l’intelligence de cette masse de données.

> A lire aussi : Compétences professionnelles : « chacun doit apprendre à apprendre »

 

Santé, élevage, smartcity… : quand le numérique bouleverse tous les secteurs

Pour être plus concret, j’ai envie de partager avec vous quelques exemples. Et certains pourront vous surprendre…

  • La vache connectée

L’histoire que je préfère est celle des vaches connectées. Je n’aurais jamais pensé être ici, un jour, à La Sorbonne, et parler élevage… mais cette histoire est vraiment incroyable.

Les éleveurs ont les mêmes contraintes que n’importe quel business. Et comme toute entreprise, ils ont besoin de produire du mieux possible, que ce soit en optimisant l’existant ou en limitant les risques, par exemple les pertes de bétail dues à des maladies.

L’un des enjeux de l’élevage de bovins est par exemple de savoir précisément quand une vache est en période d’œstrus, c’est-à-dire quand elle est prête à s’accoupler. Et ce n’est le cas que toutes les trois semaines, et pour seulement quelques heures. Je vous laisse imaginer combien cela peut être compliqué de déterminer ce moment propre à chaque vache lorsque vous possédez un troupeau d’une centaine de têtes…

Au Japon, des éleveurs ont demandé de l’aide à notre partenaire Fujitsu. Il s’avère que le piétinement des vaches augmente significativement lors de l’œstrus. GyuHo, le service SaaS qu’a mis en place Fujitsu, est relié au cloud Microsoft Azure. Il analyse les pédomètres installés sur les vaches et émet des alertes directement sur le smartphone de l’éleveur lorsque l’œstrus est détecté. Et les résultats sont là : depuis que GyuHo est utilisé par les éleveurs, les naissances de veaux ont augmenté de 12% à 31%. Ce qui signifie pour eux une hausse non-négligeable des revenus, sans parler du temps gagné !

Voilà, selon moi, un bon exemple de ce qu’il est possible de développer en quelques jours à peine si l’on exploite les potentialités du cloud, de l’Internet des objets et des outils d’analyse de données.

> A lire aussi sur Microsoft Ideas : Analyse de données : qu’apporte la data visualisation ?

 

 

  • Quand la santé rencontre les données : Microsoft Band et Microsoft Health 

Ces dernières années, le secteur le plus touché par la multiplication des données est probablement celui de la santé. A l’un de mes poignets, vous pouvez voir un Microsoft Band. Il me permet de calculer mon rythme cardiaque, de suivre mon sommeil, mes activités sportives, et me sert aussi de GPS et de capteur d’UV.

Toutes les données que les capteurs produisent sont envoyées dans le cloud. Je peux en prendre connaissance et les analyser en me rendant sur le portail dédié, Microsoft Health. Année après année, les données produites me permettent de créer un rapport médical électronique, dont je peux partager les données que je choisis avec qui je le souhaite.

 

  • Grand Lyon : connaître en temps réel la qualité de l’air grâce à l’Internet des objets

L’Internet des objets transforme la ville. Regardez le Grand Lyon, avec qui nous travaillons par le biais de notre partenaire Exakis. Nous collaborons sur un sujet qui prend chaque jour une importance croissante : la qualité de l’air et la pollution atmosphérique.

Aujourd’hui, le Grand Lyon est capable de monitorer la pollution à travers la ville par le biais d’un réseau de capteurs installés sur les transports en commun comme les lignes de bus. Au total, cela permet de disposer de plus de 15 000 lieux de mesure !

Niveaux de gaz émis, taux de particules… Toutes les dix minutes, 12 bits de données sont transmises sur Azure Event Hub, ce qui permet de créer des services dédiés, accessibles par exemple depuis un mobile. Et le tout est géolocalisé, ce qui rend l’analyse d’autant plus précise.

Les données servent à prévenir ou à alerter, lorsque certains pics sont atteints, par exemple. Le machine learning permet même d’aller plus loin que le simple constat, en prédisant l’évolution de la qualité de l’air, pour pouvoir alerter, le cas échéant, les citoyens en amont. Ce qu’est en train de réaliser le Grand Lyon a de fortes chances de devenir un modèle pour de nombreuses villes à travers le monde.

> A lire aussi sur Microsoft Ideas : « L’Internet des Objets va emmener des incompréhensions, des chocs générationnels »

 

 

  • Comment ThyssenKrupp veut en finir avec les pannes d’ascenseur  

L’entreprise ThyssenKrupp assure la maintenance de plus d’un million d’ascenseurs à travers le monde. Par le biais de capteurs, elle a réussi à déployer un système de gestion global, qui permet de connaître les mouvements des ascenseurs ou leur vitesse. Une maintenance préventive peut alors être mise en place, et éviter ainsi tous problèmes avant même qu’ils n’apparaissent. Pour cela, ils utilisent le cloud et le machine learning, ces données sont diffusées à toute l’entreprise pour créer une culture de la donnée.

 

J’ai commencé cette intervention en rappelant la mission de Microsoft : donner à chaque individu et à chaque entreprise les moyens de réaliser ses ambitions. En coulisses, j’ai eu l’occasion d’échanger avec les vainqueurs du hackathon que nous avons réalisé avec Louis Vuitton. C’est incroyable de voir ce qu’il a été possible de réaliser grâce au machine learning, à l’intelligence artificielle et aux algorithmes prédictifs. Ce qui est également impressionnant, c’est que l’équipe qui a remporté le hackathon est composée d’étudiants. Des étudiants qui viennent de lancer leur start-up pour transformer leur hack en business !

Cet échange m’a rappelé une phrase du grand poète Anatole France :

« Pour accomplir de grandes choses il ne suffit pas d’agir, il faut rêver ; il ne suffit pas de calculer, il faut croire. »

J’espère que ceux qui sont dans cet amphithéâtre aujourd’hui, et je sais qu’il y a beaucoup d’étudiants présents, repartiront enthousiastes pour découvrir comment exploiter le cloud en combinant software et données pour créer de l’intelligence. Et réaliser, ainsi, des choses qui permettront à notre société d’aller de l’avant. »

 

* Article réalisé en partenariat avec Microsoft Ideas.

 

> Retrouvez l’intégralité de l’intervention de Satya Nadella à La Sorbonne en vidéo

 

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email