Seniors : le numérique au service de l’autonomie et du lien social share
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Seniors : le numérique au service de l'autonomie et du lien social

3 septembre 2013

TABLE-RONDE Lors du colloque “Senior, et alors” organisé fin mai chez Microsoft à Issy-les-Moulineaux, plusieurs spécialistes ont débattu des moyens de mettre le numérique au service de l’autonomie et du lien social. Le potentiel en la matière semble immense, mais pratiquement tout reste à faire pour que s’organise et se développe une véritable filière au service du « bien veillir ».

Pour revoir l’intégralité de la table-ronde, c’est par ici :

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Avec : 

– Rémi Bertrand, Vice-président du Conseil général du Bas-Rhin.

– Karen le Chenadec, Directrice du département Développement numérique des territoires de la Caisse des Dépôts.

– Rémi Mangin, Chargé de mission à l’Union nationale de l’aide, des soins et des services aux domiciles.

– Christian Schoen, Docteur et Directeur knowledge management et multimédia de RanD. 

 

Des technos et des services pour bien vieillir à domicile 

« Comment maintenir nos seniors à domicile le plus longtemps possible dans des conditions acceptables ? » C’est la question posée par Rémi Bertrand, qui décrit le dispositif qu’il a mis en place dans le Bas-Rhin à cette intention. Les solutions sélectionnées par son département engagent depuis quatre ans des start-up et entreprises dans les domaines de la domotique, de la téléassistance, du lien social ou encore de la dématérialisation des relations. 

Pour lui, le bilan n’est pas encore pleinement satisfaisant. « Les freins étaient plus au niveau des enfants et de la famille que des personnes âgées », précise-t-il. Pourtant, « on ne pourra répondre à toutes les demandes en maison ou autres établissements, c’est pour cela que nous souhaitons aller dans ce sens ».

Rémi Mangin partage l’idée qu’il en reste beaucoup à faire. Pour lui, le secteur doit d’abord être clairement identifié et soutenu de manière cohérente :

« En France on fonctionne en silos avec d’un côté le soin et de l’autre l’action sociale, contrairement au Québec (…). Il y a un frein à la Silver economy, qui est elle-même soutenue par deux ministères. Il faut harmoniser l’action par un investissement global dans ce champ. L’objectif est d’essayer de travailler ensemble ».

La conclusion de Rémi Mangin ? « On a des expérimentations qui fonctionnent aujourd’hui mais le modèle économique n’est pas pérenne. On est confrontés de plein fouet à la crise économique. Il y a une nécessité d’une prise en charge à un niveau national ». 
 

Une filière à créer, soutenir et développer

« Le marché a des difficultés à se structurer », reconnaît Karen le Chenadec qui accompagne des collectivités avec la Caisse des dépôts pour trouver des nouveaux modèles économiques et innovants utilisant le numérique. En particulier, parce que ce qui marche n’est pas facile à évaluer : chaque territoire a ses priorités et la manière de les décliner. 

Pour elle, le numérique est pourtant un moyen de répondre transversalement à ces problèmes : le développement de la Silver economy nécessite d’accompagner les entreprises innovantes avec des aides à la recherche et au développement. 

La filière industrielle également doit se développer. Karen le Chenadec note qu’elle est pour l’instant morcelée et ne couvre pas la totalité des besoins :

« On a lancé beaucoup d’expérimentations (…) et il faut désormais passer au stade industriel. Mais les produits deviennent de masse et ne sont plus personnalisés pour l’âge de la personne par exemple. On a aidé assez peu de sociétés dans ce domaine ».

« Bon nombre de financiers sont intéressés par cette économie », assure-t-elle, et les personnes âgées qui souhaitent rester plus longtemps au domicile pourront bientôt bénéficier de nombreux services réellement innovants. Les priorités ? Cadrer les idées, qui ne manquent pas. Et identifier les vrais besoins. 

Pour Rémi Bertrand, l’un des principaux freins reste encore les prix, qui resteront élevés tant que le marché ne sera pas développé. La solution qu’il préconise ? Une mixité entre payant et gratuit, grâce à la solidarité. 
 

Technophobes, nos aînés ?

Dernière réflexion partagée par les intervenants : en matière de technologie au service du lien social, l’essentiel n’est pas dans la technologie. Christian Schoen explique qu’en cherchant à comprendre pourquoi les seniors âgés sont technophobes, il a réalisé qu’ils ne l’étaient pas si on savait les leur présenter comme un moyen de créer du lien : 

« Plutôt que de dire ‘on va acheter une tablette’, on leur demande ce qu’ils aimeraient faire. Partager des connaissances par exemple ». 

Et le conseiller général du Bas-Rhin de conclure : 

« Ce qui est important c’est que les personnes se retrouvent dans la société, qu’elle se sentent responsables et reconnues. Les technologies ne sont pas réservées aux plus jeunes ! »

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