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« Dans une start-up, l'échec c'est l'apprentissage »

17 avril 2014

Les jeunes entrepreneurs s’investissent souvent corps et âme dans la construction de leur projet, mais le succès n’est pas toujours au rendez-vous. Comment rebondir lorsque sa start-up tourne de l’œil ? Comment gérer un échec et persévérer ? Intervenante à la FailCon de Paris qui se tenait ce jeudi 17 avril au Ministère de l’Economie et des Finances, Stéphanie Pelaprat, fondatrice de Restopolitan, est venue partager son expérience. L’objectif : raconter ses échecs et apprendre des erreurs des autres, pour mieux avancer ensuite. 

Une histoire qui commence bien … 

Elle n’avait que 23 ans en 2006 lorsqu’elle s’est lancée dans l’aventure : revenue d’un an dans une maison d’édition à New York, la jeune femme décide de lancer une plateforme en ligne de réservation de restaurants. Elle rejoint alors le programme Bizspark pour poser les bases de son projet. Elle raconte :

«  Bizspark m’a d’abord permis de repérer les experts, trouver des partenaires et aussi de développer le projet techniquement, notamment pour ce qui était du serveur parce qu’on avait de vraies problématiques de synchronisation. Pendant les 4 premières années, nous avons connu de beaux succès en collaborant avec de grands restaurants français étoilés, le Four Seasons, Relais Châteaux etc. Mais aussi en nouant des partenariats avec de grandes entreprises comme la SNCF par exemple. Nous avons réussi à lever jusqu’à 2 millions d’euros ! »

Si la genèse de la start-up peut laisser rêveur, la réalité a vite rattrapé la petite entreprise. Au bout de cinq ans, le modèle s’est épuisé : 

« Vous le sentez quand ça ne va pas, explique Stéphanie Pelaprat. Vous le constatez entre autres au travers des chiffres. On a donc essayé de faire mieux en recrutant de meilleurs commerciaux, en ajoutant des fonctionnalités au logicie. On a même lancé un service un peu similaire à Groupon, Restoprivé. »
 

De l’art de changer le cap

Fin 2011 toutefois, la start-up peine encore à se redresser et frôle même le dépôt de bilan. Mais Stéphanie et son équipe ne baissent pas les bras :

« Nous n’allions pas rester assis regarder l’entreprise tomber en ruine. »

Stéphanie et son équipe ont donc mis en place un plan d’action. Pendant deux jours, ils ont listé leurs compétences et imaginé une stratégie de rebond :

« Nous avions une bonne réputation, 7 bons cerveaux et un fort appétit pour les collaborations avec les restaurants ! Nous voulions un projet qui soit profitable rapidement et surtout un produit physique que l’on puisse aller vendre dans la rue. »

Résultat de ce marathon de 48h : une restructuration totale de l’entreprise et un seul produit phare, la carte de membre Restopolitan, au lieu des cinq produits proposés initialement. L’idée : un abonnement mensuel et un repas offert à chaque réservation dans les restaurants partenaires.

Un concept qui répond au conseil donné par Xavier Niel, qui a investi dans la start-up, à Stéphanie : 

« Il faut se concentrer sur un produit, un prix et se lancer pour le vendre. »

Pour la jeune femme, il est avant tout essentiel de suivre ses intuitions et se faire confiance : « Un bon produit frétille tout seul. Il n’a pas besoin d’un plan marketing coûteux ! »
 

Tenir la barre sur le long terme

Si la stratégie a porté ses fruits, Stéphanie Pelaprat l’admet, « décider de tout changer est certainement le moment le plus difficile. »

Mais il faut aussi maintenir le cap pour s’inscrire dans la durée :

« Pendant 6 mois, nous avions de très bons retours des clients. C’était très encourageant mais tout à la fois nous avions la pression des investisseurs puisque nous venions de frôler la faillite. » 

Pari gagné pour Restopolitan, mais Stéphanie le concède, l’expérience est éprouvante :

« Vous vous sentez vite honteux, vous avez l’impression que c’est de votre faute. Mais dans notre équipe nous avons fait le choix d’être transparents, nous ne portions pas de jugement, la responsabilité était collective, du mauvais comme du bon. C’était un vrai travail d’équipe ! »

Alors, les erreurs seraient-elles la meilleure formation pour gérer et développer au mieux sa start-up ?

« L’échec c’est l’apprentissage » conclut-elle. 

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