Sur Internet, on ne « pense pas contre soi-même » … share
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Sur Internet, on ne « pense pas contre soi-même » ...

21 juin 2010

(visuel : left or right, par bovan, licence CC)

Le journal de France 2 plébiscité par « les personnes se situant à gauche », un « tropisme des sympathisants de gauche pour les radios publiques », une « inclination très prononcée des sympathisants écologistes pour France Inter » …. : ce n’est pas vraiment un secret, l’adage du « dis moi pour qui tu votes, je te dirai quels médias tu consommes » est régulièrement vérifié par les instituts de sondages et autres enquêtes sociologiques.

Très bien, mais en ligne ? Eh bien ce facteur est encore plus clivant, selon les résultats de l’enquête Médiapolis du CEVIPOF, dont le chercheur Thierry Vedel propose quelques conclusions, dans une tribune publiée par Le Monde, ce lundi. [désolé, on a cherché une version intégrale de l’étude, mais on ne l’a pas encore, NDLR].

Ainsi, sur le net  72 % des Français consulteraient même d’abord de l’info « sur des sites qui partagent leurs points de vue » – alors que cette proportion n’est que de 46 % dans le cas des médias traditionnels.  « L’Internet permet sans doute de choisir, mieux que les médias, l’information qu’on veut consulter », avance Thierry Vedel.

Le chercheur explique ainsi les succès d’audience des grands portails d’actualité, mais ne donne toutefois pas d’exemples concrets quant aux préférences de lectures des supporteurs de droite et de gauche – dommage, on aurait bien aimé savoir si Slate.fr ou LePost.fr, au hasard, étaient plutôt plebiscités par des lecteurs "de droite" ou "de gauche".

Le chercheur explique néanmoins que le numérique renforce l’exposition sélective à l’information – cette notion qui veut que, « lorsqu’ils utilisent les médias, beaucoup d’individus cherche[nt] surtout à renforcer leurs opinions politiques et éviteraient les informations qui pourraient contredire leurs convictions et les mettre dans un état de malaise psychologique », résume-t-il.

Attention : nous nous sommes focalisés ici sur l’une des conclusions de Thierry Vedel. Le coeur de la tribune se situe ainsi ailleurs : le chercheur explique en effet qu’Internet, espace public atypique, risque « d’accroître [la] fracture, civique et informationnelle » .

Nous qui avons consacré un dossier entier à la naissance de l’hypercitoyen ou qui explorons également régulièrement les manières de réduire la fracture numérique, nous ne sommes pas forcément super à l’aise avec cette idée….

Mais, vous l’aurez compris : même si nous ne partageons pas forcément son analyse, nous vous invitons très vivement à lire son argumentation. Histoire de tout faire pour penser contre soi-même via le net, sans doute …

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