TechDays : pour une « intelligence ambiante » et une technologie invisible share
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TechDays : pour une « intelligence ambiante » et une technologie invisible

20 février 2015

Internet serait condamné à disparaître, a-t-on entendu au dernier Forum de Davos. La prophétie s’appliquerait même à l’ensemble des technologies numériques, toutes vouées à se fondre dans notre quotidien. Assistera-t-on alors à l’avènement d’un monde où l’intelligence des machines sera omniprésente et paradoxalement invisible ?

Des questions au cœur de la plénière du troisième jour des Tech Days 2015. Retour sur cette étrange promesse d’intelligence ambiante…

Nos ordinateurs ont bien changé : des salles de machines immenses à l’Internet des Objets, ils ont rétréci, acquis de nouvelles compétences et se sont pleinement intégrés au quotidien de chacun. Un constat qui rappelle à Bernard Ourghanlian, Directeur sécurité et technique de Microsoft, la vision du génie de l’informatique Mark Weiser. En 1988 déjà, ce directeur de recherche pour Xerox – à qui l’on doit la création des premiers ordinateurs à interface graphique- déclarait :

« Les technologies les plus profondes sont celles qui disparaissent. Elles se fondent dans la trame de la vie quotidienne, jusqu’à en devenir indiscernables. »

En matière de numérique, cette phase d’aboutissement technologique idéal ne relève plus de la science-fiction : nous y sommes déjà.

L’intelligence ambiante : une réalité toujours plus quotidienne

Nous ne pensons plus, dès que nous rechargeons notre téléphone, au chemin parcouru par l’électricité : peu importe ses conditions de production, du barrage hydroélectrique à la prise, nous attendons qu’un simple branchement permette de retrouver de la batterie. De même, nous attendons de plus en plus que les moteurs de recherches suggèrent l’information précise que nous souhaitons obtenir avant même d’avoir fini d’écrire nos mots-clés.

Le tout sans forcément révéler les algorithmes cachés derrière de si complexes fonctionnalités ou les réseaux de câbles qui relient les serveurs. Cet élan de transparence des technologies porte un nom : l’intelligence ambiante. Et le phénomène que l’on observe déjà est voué à s’amplifier pour s’étendre à tous les domaines. Au cœur de cette transformation, le machine learning est un champ de recherche et d’applications moteur de nombreux changements. 

Quand la machine se programme d’elle-même

Longtemps, les progrès de l’informatique se sont accomplis grâce aux talents des programmeurs. Capables de retranscrire en ligne de code les actions complexes à exécuter par les machines, ils ont permis la résolution de problèmes que notre espèce n’aurait jamais été en mesure de comprendre sans l’aide des ordinateurs. Sans être révolu, cet état de fait est aujourd’hui amené à évoluer : aux machines de se programmer d’elles-mêmes et d’apprendre des données !

Plus concrètement, la capacité des machines à repérer toujours plus finement les prémices de certaines tumeurs sur des milliers de radios est un travail dans lequel le machine learning prend tout son sens : dépassant les limites humaines, il permet alors d’anticiper les risques et de sauver des vies. De même, la sécurité du plus grand accélérateur linéaire au monde, le SLAC, est assurée par l’analyse en temps réel des données recueillies par plus d’un million de capteurs grâce aux outils d’Azure.

Les technologies disparaissent, l’humain aussi ?

Si ces nombreuses activités laissent présager un futur davantage organisé par les machines, pourra-t-on pour autant se passer du travail des hommes ? Comme nous expliquait le fondateur de Foule Factory, il y a aura toujours besoin d’humains à la conception de ces algorithmes et à la vérification de leur effectivité :

« On a besoin de l’Homme pour réaliser ce que l’on appelle le premier et dernier kilomètre. Par exemple, pour faire démarrer un algorithme qui fait de la reconnaissance faciale, on a besoin d’un million de contributions humaines. »

Outre la foule de vérificateurs, c’est aussi de nouveaux métiers qu’annonce le machine learning : statisticiens, scientifiques spécialistes des capteurs de données… et bien sûr de nouvelles activités économiques à concevoir.

Quand les technologies s’effacent, l’innovation s’accélère

En recueillant par des capteurs biométriques les niveaux de stress des conducteurs, leur style de conduite ou encore les conditions de circulation, les constructeurs automobiles d’Altran peuvent suivre en temps réel les révisions à apporter à leurs véhicules et les suggestions à proposer à leurs clients. Se rendre compte de la demande, voir émerger des innovations via l’analyse raisonnée des Big Data… Autant de promesses qui laissent présager une accélération de l’intelligence ambiante.

Courant 2015, le langage corporel ne sera plus le seul défi de ces machines savantes, puisqu’elles transcriront également nos paroles d’une langue l’autre, tout en respectant nos intonations.

La formidable promesse d’abolir la barrière linguistique et la démonstration des nombreuses innovations portées par l’intelligence ambiante ne font pas tout, a toutefois tenu à conclure Bernard Ourghanlian. Parce que le carburant de ces machines intelligentes et discrètes est constitué de nos données, la question de l’éthique, dès la conception, se doit d’être posée. L’enjeu ? Passer de la science-fiction au meilleur des mondes

 

 

 

 

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