TEDxPanthéon Sorbonne : le nouveau siècle des Lumières share
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TEDxPanthéon Sorbonne : le nouveau siècle des Lumières

13 décembre 2012

La conférence TEDxSorbonne, organisée le 6 novembre dernier, s’est intéressée au « nouveau siècle des Lumières ». Alors que les usages et les moyens de production de contenus et de partage se réinventent au quotidien, de nombreux défis et questionnements émergent.

En s’inspirant de l’esprit de débat critique issu du courant philosophique des Lumières, culture humaniste et progressiste française du XVIIIème siècle, des intervenants du monde entier sont venus présenter les lumières qui selon eux, rythmeront le nouveau siècle.

Nous avons décidé de vous proposer ici deux sujets de la conférence, pour comprendre comment nos façons de consommer l’information et de l’échanger ont été bouleversées avec le web.

> Des tablettes mésopotamiennes aux outils du Web 2.0 : donner du sens à l’information

En analysant l’histoire de la gestion de l’information, Marc Rougier, ingénieur dans la robotique et entrepreneur, nous interpelle sur la nécessité actuelle de veiller à l’organisation et la diffusion de l’information abondante produite dans notre société.

Après l’imprimerie, le web, aujourd‘hui accessible partout, représente la dernière évolution majeure de l’écriture. Le principe est simple : un petit nombre de signes encodent un grand nombre d’informations et potentiellement une infinité d’idées.

Marc Rougier nous explique ainsi que le web « a entièrement et définitivement dissout les barrières de production et de transmission de l’information. Chacun d’entre nous est aujourd’hui écrivain »

Ce flot d’information, qui donne l’apparence d’une grande démocratie, peut parfois laisser en réalité place à une sorte de « brouhaha que nous n’arrivons pas à digérer ». Cette « infobésité qui nous submerge » et dont nous sommes en quelque sorte victime doit nous interpeller, détaille l’ingénieur.

Aujourd’hui, les informations produites par les mails, les textos, les publications Facebook, et les messages Twitter ne cessent d’augmenter. Mais le problème qui se pose selon Marc Rougier est le sens que l’on donne à ce flot d’information. Il faut désormais l’organiser.

« Quelles sont les réponses apportées par le web à ce défi de l’organisation ? »

Après les portails, techniquement limités, les moteurs de recherche sont arrivés. Ils permettent en analysant tous les éléments d’une page web, de lui attribuer une sorte de note, « note qui décrète la chance que cette page aura d’être lue » précise Marc Rougier. Mais cette technique a une limite : les 3 premiers résultats de recherche absorbent 70% des visites.

Avec les médias sociaux, l’élection des contenus se fait différemment : le contenu est lu parce qu’il est partagé :

« Cela remet de l’humain dans l’organisation de l’information. »

L’importance d’un contenu est ensuite amplifiée par son degré de propagation sur les média sociaux, la « viralité ». 

A l’aube de la mise en place de la génération des robots sémantiques, et à l’heure où l’exercice de curation se développe, Marc Rougier interpelle sur l’urgence qu’il y a de pouvoir organiser de l’infobésité qui touche notre société. Le phénomène n’est pas nouveau, mais il ne s’agit pas seulement d’organiser quantitativement les contenus mais également qualitativement, pour ne pas se laisser dépassé par le flux d’information qui rythme le développement de notre société et de nos vies.

> La confiance, moteur de partage

Ce flux d’information, quand il est précisément ciblé et exploité, devient le lieu d’un développement de nombreuses activités économiques.

« 60% d’entre nous font confiance aux avis sur internet contre 40% pour les publicités classiques. Les avis c’est une confiance d’homme à homme, une confiance horizontale ».

En introduisant ainsi sa présentation, Frédéric Mazzella, président-fondateur de BlaBlaCar – site français de covoiturage – nous invite à considérer le flux d’information de pairs à pairs qui circule sur internet comme un moyen de produire de la confiance dans les interactions économiques entre les individus.

A travers son site de covoiturage, Frédéric Mazzella a choisi de prendre la confiance comme socle de son activité commerciale. Le but du covoiturage : conducteur et passager(s) partagent les frais de transport. Pour mener à bien son projet, il a fallu mobiliser les informations personnelles des participants au covoiturage, instaurant un climat de confiance, propice au développement de l’échange en ligne.

Frédéric Mazzella et son équipe ont donc mis en place des profils qui permettent de présenter publiquement sur le site les conducteurs, et surtout de permettre aux autres utilisateurs de donner leur avis sur leur conduite.

« On passe alors d’une confiance mémorisée, par rapport à une personne, à une confiance partagée » explique son créateur.

Cette confiance est appuyée par le système de paiement en ligne qui permet de fiabiliser les avis, en apportant la preuve qu’une transaction a bien eu lieu entre deux personnes.

Ce couplage des profils confiance et des paiements en ligne a permis de décupler les interactions sur le site. La confiance y joue un rôle de socle du développement des activités en ligne et demeure l’un des éléments essentiels capable de créer de la valeur en ligne.

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