Twitter : « 22, v'la la police ... »

22 septembre 2010

(visuel : Driver Alert!, par ornoth, licence CC)

C’est une (petite) étude assez intrigante, diffusée par «l’Association canadienne de la police sur les réseaux sociaux » – l’URL de son site, « cops2point0 », ou « police2point0 » est déjà tout un programme ; et si vous voulez en savoir plus sur ce drôle de regroupement, nous vous recommandons la page de présentation de ses membres, généralement des responsables de communication de police, ou des systèmes d’informations.

Au menu : l’usage fait de Twitter par 1.089 comptes tenus par des policiers, qu’il s’agisse de comptes officiels ou non, au Canada, aux Etats-Unis, et en Grande Bretagne. L’intégralité des 376.821 messages postés sur le site entre avril et août 2010 a ensuite été codée suivant 25 critères différents.

Une grande partie des observations est d’ordre « technico-généraliste » : moyens de mise à jour des comptes, nombre d’abonnés aux mises à jour, nombre de personnes « suivies », fréquence de mise à jour, … . Assurément utile pour les statistiques et les comparaisons, mais pas super stimulant sur le fond de l’affaire.

Le plus intéressant, c’est bien la dernière partie : celle qui détaille ce que les policiers racontent sur ces comptes. Un graphique résume cela :

police-twitter


Nous en avons tiré un petit classement de « ce que la police raconte sur Twitter »,
entre information et communication, messages totalement subjectifs … et (rares) dérapages pas vraiment contrôlés :

1. L’info trafic, usage majoritaire

C’est l’usage majoritaire du site fait par les policiers des trois pays : diffuser des informations sur l’état du trafic routier, et autres conseils d’intérêt public. 54% des comptes passés en revue s’y sont livrés.

2. Des arrestations en direct …

Raconter des interventions en direct, qu’il s’agisse de missions de routines ou … d’arrestations : près d’un compte étudié sur deux s’y adonne.

3. Avis de disparition 2.0

38% des policiers présents sur Twitter s’en servent pour diffuser des avis de recherche – un pourcentage nettement plus faible aux Etats-Unis (34%) que dans les autres pays étudiés (46% en Grande-Bretagne, 52% au Canada). L’usage de l’alerte AMBER ne suffit pas à expliquer ce chiffre : elle existe en effet aux Etats-Unis ET au Canada … .

Globalement, les comptes de la police sont avant tout utilisés pour des usages « officiels » – à ces trois premiers usages s’ajoutent les infos plus « corporate », sur l’activité de la vie de la police (35%) – assez semblable à l’usage qui est fait en France, par la préfecture de police de Paris – et la diffusion d’infos locales (20%).

Les usages plus personnels, et plus difficiles à maîtriser, existent néanmoins. L’étude raconte ainsi que 9% des comptes diffusent des « opinions personnelles » sur le fonctionnement de la justice, ou sur les faits-divers – soit, tout de même, une petite centaine de comptes. Pire : 3% des comptes diffusent des messages potentiellement offensants ou discrimants – « du type : "Les gens de cette partie de la ville" », écrit l’étude ; enfin, des informations sensibles, genre « indices » sur des enquêtes en cours, ont été publiées sur … 1% des comptes.

> L’association en profite pour faire trois recommandations :

1. Mieux s’insérer dans un écosystème local, en suivant et en relayant des infos diffusées par des acteurs locaux. Objectif : faire en sorte qu’en cas de crise, la portée des messages officiels diffusés par la possible soit multipliée.

2. Donner un statut aux comptes : des disclaimers, voire des chartes d’usage, permettraient le développement de l’outil, écrit l’étude, qui fournit quelques exemples : « Les opinions publiées sur ce compte sont les miennes, et non celles de mon employeur », « Ce compte n’est pas surveillé 24 heures sur 24, ne l’utilisez pas pour signaler des urgences ! », … .

3. Former les policiers ! « Il est important que Twitter ne soit pas utilisé uniquement par des officiers de communication », écrit l’étude, qui plaide pour une généralisation de l’outil … à condition de former plus largement.

> Pour aller plus loin : l’étude est disponible sur scribd :

 

(Info repérée sur Twitter, via @chrisj_moore)

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