Un accélérateur de start-up, pour quoi faire ?

4 juin 2015

Pour la quatrième année consécutive, l’événement Startup Assembly a ouvert les portes de l’écosystème #FrenchTech aux curieux du 28 au 30 mai dernier. L’occasion de se glisser chez Microsoft Ventures, l’accélérateur de start-up au cœur de Paris, et de comprendre ce qui anime un public d’innovateurs toujours plus nombreux à vouloir intégrer ce type de programme.

Il est 9h30 rue du Sentier. Entre les bruits de machine à café et de pas qui s’activent sur le béton ciré d’un grand loft parisien, des croissants chauds attendent une trentaine d’invités. Parmi eux, Guillaume Cottenceau, déjà co-fondateur de deux start-up : toutelajustice.com et Stratup.

S’il est présent ce matin, ce n’est pas (que) pour les viennoiseries. Le jeune entrepreneur se renseigne sur les conditions d’admission au programme Microsoft Ventures pour sa toute nouvelle idée, un service de chat entre entreprises et consommateurs pour l’instant baptisé Textr.

L’effet accélérateur : rêve ou réalité ?

Quand plusieurs milliers de start-up se créent chaque année en France mais ne survivent pas celle d’après, « la possibilité d’approcher des grands comptes permet de crédibiliser une solution », explique-t-il.  Et si l’ambiance reste bon enfant au sein de l’amphithéâtre coloré, l’enjeu de la sélection –prochaine- est palpable.

Mélanie Jonniaux a déjà levé 160 000 euros pour la start-up dont elle est co-fondatrice, Bloomizon. Le pitch est bien travaillé, les partenariats blogueurs lancés et surtout, le projet déjà commercialisé.

Pourquoi alors candidater au programme quand tout semble être en bonne voie ? Mathieu Leventis, co-fondateur d’Airdoc et alumni de l’accélérateur, nous avait déjà donné un indice :

« Il y a des volets compétences et échanges [dans le programme, ndlr], mais c’est aussi un peu une régie de visibilité, parce que l’on a eu nos premiers clients grâce au réseau de l’accélérateur. »

La start-up qui réussit n’est pas celle que vous croyez !

Caution, légitimité, visibilité, réseau… Et si, finalement, la recette du succès ne reposait pas que sur un business plan bien carré ? C’est au fond cela que semble démontrer le fameux « effet accélérateur ». C’est aussi l’esprit qui anime Josselin Milord, qui participe à l’animation des lieux avec Roxanne Varza.

« On ne regardera pas si le business plan est bien calé sur trois ans : on cherchera d’abord à voir comment l’équipe est soudée, à quel besoin elle répond et quelle faisabilité technique elle propose avec sa solution. »

A la clé, une fois la sélection passée ? 3 mois dans les locaux passés à rencontrer des mentors comme Renaud Guilhem de Videdressing, Julien Crechin de Creads, mais aussi des coachs pour soigner tous les aspects du projet. Particularité de taille : l’accélérateur est le seul à proposer l’accompagnement d’un CTO (directeur de la technologie) aux équipes pour affiner l’aspect technique de leur projet.

Une stratégie pensée sur le long terme

Si l’on finit par comprendre ce que la start-up peut gagner, qu’aurait-elle à perdre au final ?  Pas son indépendance en tout cas, note Josselin Milord en rappelant qu’aucune equity (part du gâteau) n’est demandée en contrepartie du coup de pouce.

Pour beaucoup de grandes structures qui soutiennent ces programmes, se doter d’un accélérateur est avant tout un moyen de renouer avec l’écosystème de l’innovation… pour des relations sur le long terme :

« C’est bien simple : si le prochain Facebook est créé en France, on préfère les avoir accompagnés dès le début plutôt que d’être passés à côté ! C’est une vision stratégique commune sur le long terme » explique Josselin Milord

Mais c’est aussi une façon de défendre ses engagements en faveur d’une innovation ouverte à tous et non plus aux seules élites :

« Je suis l’une des premières femmes de l’accélérateur, note Maïlys Kedzeté d’Airdoc, mais nous allons être toujours plus nombreuses. »

 

 

Avis aux futurs créatrices et créateurs du Facebook français alors, vous avez jusqu’à fin juin pour candidater !

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