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Vivek Kundra, le premier « CIO » des Etats-Unis, quitte la Maison Blanche

17 juin 2011

A partir de la mi-août, Vivek Kundra, 36 ans, ne sera plus le « monsieur nouvelles technologies » de Barack Obama. Le premier « CIO » des Etats-Unis quittera à cette date la Maison Blanche, pour un poste de chercheur à l’université d’Harvard, où il rejoindra le Berkman Center for Internet & Society, comme le relatent un billet posté ce jeudi 16 juin sur le site officiel de la Maison Blanche, et un communiqué de presse diffusé sur le site du Berkman Center.

Le billet officiel de la Maison Blanche est signé de Jack Lew, le patron de la très puissante OMB, l’administration centrale, à travers laquelle la Maison Blanche gère les activités des agences fédérales. Jack Lew reste très évasif sur la suite, et n’indique pas si le poste de « CIO des Etats-Unis » sera de nouveau pourvu :

« Nous préparons une transition en douceur », écrit-il, tout au plus.
 
 
Vivek Kundra, qui nous avait accordé une interview exclusive il y a quelques mois, a mené une action en deux sens depuis son arrivée à la Maison Blanche, le 5 mai 2009  : 
 
 
Dans l’entretien qu’il nous avait accordé, Vivek Kundra détaillait :
 
« Notre objectif, c’est de passer de la gestion des infrastructures informatiques à la fourniture de services aux citoyens. Ces dix dernières années, le gouvernement américain a investi dans un nombre croissant de centres de données. De 432 en 1998, nous sommes passés à plus de 2.000 aujourd’hui. 
 
C’est pour inverser cette tendance que nous voulons migrer dans le nuage. Parce que le cloud computing nous offre une plus grande agilité, mais aussi parce qu’il garantit une gestion beaucoup plus efficace des infrastructures informatiques (serveurs, data centers, etc.). Enfin, parce qu’il permet au secteur public de tirer profit beaucoup plus facilement et rapidement des trésors d’innovation du secteur privé. »
 
  • Au-delà, Vivek Kundra est également très connu pour sa promotion active de « l’open governement », et notamment de l’Open data.

C’est lui qui a notamment lancé le programme data.gov aux Etats-Unis, et également des programmes de surveillance des dépenses publiques dans le champ de la IT :

« Le principe même de la démocratisation des données gouvernementales est fascinant, mais l’aspect le plus intéressant aujourd’hui, c’est que la libération de ces données a donné naissance à une économie des applications. 
 
Depuis deux ans, des tiers développent des applications que nous n’aurions jamais pu imaginer au sein du gouvernement, dans des domaines aussi variés que les transports en commun et l’éducation ou encore la santé. On assiste à une explosion de ces communautés de développeurs », nous expliquait-il.
 
Récemment, plusieurs programmes portés par le CIO ont souffert de restrictions budgétaires fortes. Ainsi, le budget pour l’année fiscale 2011 – soit la période allant du 1er octobre 2010 au 30 septembre 2011, adopté dans la douleur par le Congrès au mois d’avril 2011 – a-t-il sérieusement coupé les fonds des programmes de « e-gouvernement ».
 
De 34 millions de dollars en 2010, le budget alloué à  l’« Electronic Government Fund », fond qui pilote les actions de e-government au niveau fédéral, dont certains des projets de cloud computing, la plateforme de données data.gov ou encore les outils d’engagement citoyen, est en effet passé à 8 millions de dollars en 2011 (voir section 1552). Soit une coupe de plus de 75%.
 
Le Berkman Center for Internet & Society, que Vivek Kundra rejoindra dès la fin de l’été, est l’un des rares centres de recherches spécialisé sur les effets du net en terme de politiques publiques – et même, sur la gouvernance du net.
 
Il mène notamment un programme baptisé : « Internet and Democracy Project », qui se focalise sur le potentiel « démocratique » du net – avec une approche très proche de celle du Département d’Etat d’Hillary Clinton en la matière, et qui sera l’un des deux rattachements de Vivek Kundra.
 
 « Le travail que j’ai effectué à la Maison Blanche en tant que CIO, qui a consisté à faire la chasse au gaspit, au renforcement de la cybersécurité, et à la construction d’une action gouvernementale plus transparente et ouverte grâce aux nouvelles technos, conduira évidemment mes recherches, qui porteront à la fois sur des enjeux nationaux et internationaux », explique Vivek Kundra dans le (très convenu) communiqué de presse diffusé par le Berkman Center.
 
 
> Visuel utilisé dans ce billet : 
 
 
(info repérée sur twitter, via @alphoenix)

[billet édité le 17 juin, à 16h : ajout du communiqué de presse du Berkman Center]

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