Web et Politique – Clifford Singer : la dérision et la viralité comme armes politiques share
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Web et Politique - Clifford Singer : la dérision et la viralité comme armes politiques

28 novembre 2011

Nous vous proposons de revivre en vidéo notre événement « Du web en politique : que nous réserve 2012 ? » du mercredi 16 novembre dernier sur le campus de Microsoft.

Après l’intervention de Marko Rakar, blogueur et activiste croate, rendez-vous avec Clifford Singer pour nous parler des nouvelles campagnes politiques en ligne, de la dérision et de la culture visuelle numérique.

> Découvrez la vidéo intégrale de son intervention :

> Au delà du « LOL »

Un jour, sur un coup de tête, Clifford Singer décide d’acheter le nom de domaine mydavidcameron.com. Il le laisse plus ou moins à l’abandon pendant de longs mois. Et puis un jour sort cette affiche de campagne pour David Cameron :

Devant le caractère « lisse et tellement Photoshopé », il décide de créer quelques caricatures qu’il met en ligne sur le site mydavidcameron.com. Les détournements se multiplient rapidement, les visiteurs partagent les parodies sur les réseaux sociaux, par mail… mais surtout se mettent à créer eux aussi de nouveaux posters, en changeant simplement le texte.

Mydavidcameron.com se retrouve alors au centre d’un vaste mouvement populaire et relaie certains posters, en incitant les gens à voter pour celui qu’ils préfèrent et à les partager sur les réseaux sociaux. Le site propose également un générateur de posters, qui permet en deux clics de souris de créer sa propre affiche : plus de 500 000 utilisations plus tard, un mème est né.

 

Mais Clifford Singer ne s’arrête pas là : il lance de nouvelles parodies contre d’autres campagnes des Conservateurs et rencontre le même engouement : les visiteurs se prennent au jeu et le site devient rapidement le site de parodies politiques le plus visité du Royaume-Uni, au point que les médias « traditionnels » en reprennent les posters et les messages. Sous la pression, le parti conservateur modifie ses campagnes.

> Les leçons :

Un site proposant des affiches et un simple générateur qui vient bousculer et faire changer les stratégies de communication politique, c’est assez peu courant. Et Clifford Singer en tire trois grandes leçons :

> Le potentiel du crowdsourcing est immense, même s’il est impossible de prévoir les contenus qui vont circuler. La technologie n’a aucune importance, seul le contenu est essentiel.

> Mais il est également dangereux, il faut faire attention à ne pas se laisser déborder par les détournements :

« C’est un peu ironique, mais au fond nous sommes restés très politiquement correct sur mydavidcameron.com : j’avais un rôle d’éditeur, de modérateur pour éviter les contenus trop provocants et les excès. Pour ne pas dépasser les limites, le rôle des éditeurs est fondamental. »

> Certains partis ont essayé d’utiliser ces parodies pour servir leurs idées mais pour Clifford Singer, ce n’est pas leur rôle et ils feraient mieux de laisser cela à d’autres :

« Les partis politiques sont mauvais en satire, ils sont soumis à trop de contraintes et manquent souvent d’authenticité. C’est un peu comme un oncle qui nous embarrasse à un repas de famille, en essayant d’être drôle. »

Et lorsque qu’on lui demande les recettes pour éviter d’être la victime de ces détournements, il répond sans détour :

« Je pense qu’il est impossible d’éviter la parodie. On peut limiter les risques, en étant simple, authentique. Faire de son mieux mais ne rien promettre en somme. »

> Pour aller plus loin :

– Le web pour organiser la contestation en ligne avec Marko Rakar, explorateur du crowdsourcing citoyen (Croatie) :

Découvrez notre magazine « Le temps de l’hypercitoyen » qui revient largement sur ces thématiques.

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