Clay Shirky reprend la parole sur Wikileaks

4 janvier 2011

Au début du mois de décembre dernier, Clay Shirky exprimait sa confusion face au « cas Wikileaks » dans un billet de blog mêlant appel à une plus grande transparence et nécessité d’un minimum de secret :

« Comme les vertus d’égalité vs liberté, ou de volonté populaire vs droits fondamentaux, [Wikileaks] doit trouver un équilibre pour que l’habileté démocratique ne soit pas détruite ni par un excès de confidentialité, ni par un excès de transparence. »

Dans un nouveau post publié le 31 décembre, Shirky revient sur la problématique Wikileaks en comparant le cas à celui des Pentagon Papers, dossier classé secret défense sur l’implication du gouvernement américain dans la guerre du Vietnam et rendu public par le New York Times en 1971.

« La fracture la plus spectaculaire de Wikileaks avec le journalisme traditionnel est sa nature globale. La plus grande différence entre les Pentagon Papers et Wikileaks [est] que les Pentagon Papers étaient une affaire entièrement nationale. »

Pour Clay Shirky, la question n’est pas tant la responsabilité juridique et l’avenir de Julian Assange – que la jurisprudence New York Times Co. Vs United States établie par la Cour Suprême pourrait contribuer à fixer, dans un sens à déterminer – que celle de l’évolution des concepts d’autolimitation de la presse traditionnelle, dans un environnement médiatique totalement nouveau.

En tant qu’acteur global,
détaché de tout ancrage national, Wikileaks n’a pas à jouer le jeu de la coopération avec des pouvoirs nationaux.

« L’ère d’autolimitation de la presse […] est terminée. […] Comme l’industrie de la musique, le gouvernement cherche de nouvelles stratégies pour contrôler des points intermédiaires, qui n’avaient pas besoin de l’être sous l’ancien modèle. »
 

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