Comment assurer ses biens dans une économie du partage ? share
back to to

Comment assurer ses biens dans une économie du partage ?

10 avril 2013

L’une des questions que pose l’économie du partage – du moins à ce stade où elle n’est qu’un « patch » sur un modèle de propriété individuelle – c’est le risque que prend le propriétaire qui cherche à tirer des revenus du partage de son bien. Prenez l’autopartage par exemple : si cet inconnu qui loue votre voiture pour quelques heures a un accident, quelle assurance voudra payer pour les dégâts ?

Devant un tel casse-tête, la plupart des assureurs pratiquent encore le « wait and see » : ils attendent que l’auto ou le « canapé-partage » entrent vraiment dans les moeurs pour réfléchir à de nouvelles offres d’assurance. Tous les assureurs ? Certainement pas : certaines startups s’engagent déjà dans la brèche pour fabriquer peu à peu des modèles d’assurance inédits, adaptés à cette nouvelle économie. Explications avec Pandodaily.

> Des startups qui assurent l’usage plutôt que le bien

Parce qu’elles ont une culture de l’innovation dont dépend leur survie même, ce sont bien entendu des startups qui proposent ces nouveaux modèles. Comme l’estime Anthony O’Donell, directeur exécutif de la publication Insurance & Technology :

« Les assureurs traditionnels peuvent bien avoir des départements R&D qui pensent ces nouveaux mécanismes, mais toute cette innovation est court-circuitée par le middle management ».

Le succès de ces startups ne réside pas forcément dans une simple démarche de résolution de problèmes (« comment assurer les propriétaires des véhicules partagés ? »). Elles envisagent plutôt des mécanismes d’assurance innovants, inspirés du fonctionnement d’Internet et de ses réseaux, qui s’adaptent naturellement aux usages de ces technologies.

Prenez MetroMile, par exemple : cette startup basée à San Francisco propose aux conducteurs de payer au kilomètre, en utilisant un appareil de mesure portatif qu’ils pourront brancher sur le tableau de bord de n’importe quel véhicule. Ce n’est donc plus le véhicule qui est assuré, mais bien le conducteur – et l’assurance est un habit taillé juste en fonction de ses habitudes de conduite. Elle l’autorise à ne pas posséder de véhicule, préparant un futur où l’usage serait déconnecté de la possession.
 

> Un modèle d’assurance « communautaire »

L’autre exemple avancé par Pandodaily ressemble à un OVNI : une sorte d’assurance de pair à pair. Des communautés d’utilisateurs se rassemblent autour de valeurs proches, déterminées par un questionnaire à l’inscription. Ceux-ci gèrent collectivement 80% du montant de leur cotisations pour indemniser eux-mêmes leurs membres victimes de dommages simples, jusqu’à une certaine somme. Les 20% restants sont confiés à un réassureur, qui se charge des remboursements dépassant la somme en question. 

Le but assumé ? Que la transparence de ce modèle d’assurance responsabilise chaque membre du groupe… et dissuade quiconque d’abuser du système.
 

> Et demain ?

Pour Anthony O’Donnell, cela ne fait aucun doute : il y aura de plus en plus d’entreprises innovantes pour explorer les marchés d’assurance émergents à l’heure de l’économie du partage. Mais assurer les usages de la technique restera toujours une position de pointe, instable et inconfortable tant ceux-ci évoluent vite. Par exemple, quels nouveaux modèles d’assurance ne faudra-t-il pas encore inventer si, demain, l’économie du partage du véhicule faisait place à un marché de véhicules sans conducteur ? De plus en plus, rester pertinent dans ce domaine pourrait donc être une affaire de startups, quand les gros assureurs continueront peut-être de se concentrer sur des mécanismes d’assurance traditionnels.

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email