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Comment Facebook affecte la façon dont on s'informe

30 octobre 2014

Pour suivre l’actualité, Facebook est devenu incontournable : en 2014, 20% du trafic des sites d’information provient désormais du réseau social aux 1,3 milliards d’abonnés. Une place de choix qui confère à la multinationale le pouvoir de changer la façon dont nous nous informons, explique un article du New York Times du 26 octobre dernier.

Greg Marra, 26 ans, est sûrement à l’origine de votre clic jusqu’à cet article, si vous venez de Facebook : ingénieur pour la société de Marck Zuckerberg, il se charge de définir les algorithmes qui organisent votre Newsfeed ou flux d’actualité… et il est à ce titre un des hommes les plus influents des médias.

Quand lui et son équipe de 16 personnes ont décidé, en décembre 2013, que les utilisateurs en avaient assez de voir les posts pousse-au-clics de certains médias (du type « Vous ne devinerez jamais ce que ce bébé chien a fait avec ce canard »), ils ont tout simplement modifié l’algorithme de curation de news qui garantissait à certains sites une bonne partie de leur trafic. Des sites comme Upworthy, Distractify ou Buzzfeed ont pu en observer les conséquences brutales, explique le New York Times, et ont dû s’adapter à la nouvelle donne de « posts de qualité » (c’est-à-dire moins racoleur) imposée par le réseau social.

A l’heure où le rôle des éditeurs est ainsi concurrencé par celui des algorithmes du réseau social, de nombreuses rédactions se dotent d’équipes exclusivement consacrées à la stratégie « sociale » de leur média. L’objectif : comprendre par les likes des utilisateurs, le temps passé par article et le support (mobile, tablette ou PC), quels articles fonctionnent le mieux.

Au Washington Post, une véritable cellule de guerre se dédie ainsi à la personnalisation « sociale » des articles et a même l’ambition d’aller jusqu’à offrir une toute autre « expérience » de lecture selon la provenance du lecteur, son utilisation du wifi le soir sur laptop ou bien de la 4G sur mobile la journée.

Pour Facebook, la relation entretenue avec les groupes de presse est celle d’un « bénéfice mutuel » : plus les médias font un effort pour correspondre à leurs critères et postent sur le réseau, plus ils gagnent en visibilité et en traffic. Reste pourtant la question du lecteur, abordée par danah boyd et notre série d’articles sur l’enfer de la personnalisation : a-t-on vraiment envie d’avoir un accès à une information de plus en plus filtrée par nos données personnelles au point de devenir totalement rance ?

Pour lire l’article du New Tork Times c’est ici, et pour la critique de danah boyd, par là.

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