Comment le Web transforme l'anglais

19 décembre 2012

Et si le Web était en train de faire naître une autre langue anglaise, aussi proche mais différente de l’anglais de la Reine que peut l’être l’anglais américain ? C’est la question que pose la BBC, qui remarque qu’au fur et à mesure que le Web dissémine l’anglais aux quatre coins du monde, la langue elle-même se transforme. 

Pour fixer toutes les subtilités de l’anglais américain dans son dictionnaire, il avait fallu dix-huit ans à Webster. Mais les 4,5 milliards de pages que compte aujourd’hui le Web, et la vitesse de son développement, façonnent à toute allure un anglais qui pourrait avoir clairement changé d’ici dix ans : c’est ce que prédisent certains linguistes.

L’apparition de ce « globish » s’explique par le fait que le nombre de personnes qui utilisent l’anglais comme seconde langue dépasse déjà le nombre d’anglophones « maternels ». Si dans différentes parties du monde, de multiples variations d’anglais sont déjà utilisées depuis longtemps, le fait que ces locuteurs de tous horizons soient amenés à communiquer via Internet crée quelque chose de nouveau. 

« Internet encourage des gens qui ne sont pas des locuteurs natifs à utiliser l’anglais de manière créative », explique Naomi Baron, professeur de linguistique à l’Université Américaine de Washington. Car « sur le web, tout ce qui compte est que chacun parvienne à se faire comprendre : on ne demande à personne d’avoir un niveau de langage approprié à chaque situation ».

Résultat, cet anglais-là est concret, souple et pratique : il est moins exigeant sur l’orthographe ou la grammaire, et même à l’oral, les gens ne sont plus priés de faire attention à leur accent. Au passage, de nouveaux mots apparaissent tous les jours, créés par des internautes de différentes parties du monde pour se comprendre, par exemple lorsqu’ils ne donnent pas le même sens à un mot anglais « classique ». 

C’est exactement ainsi que se sont formées les langues créoles, remarque la BBC. L’Hinglish, par exemple : ce mélange d’hindi, de pendjabi, d’ourdou et d’anglais s’est stabilisé peu à peu. Et aujourd’hui, il est même enseigné aux diplomates anglais.

Ainsi, l’anglais a beau s’être imposé comme lingua franca sur le web et dans le monde, il n’évacue pas les autres langues… au contraire, il se transforme à leur contact.

Alors, à quoi pourrait ressembler cet « anglais créole » issu de la révolution numérique ? Pour le savoir, rendez-vous dans dix ans !

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