Comment l’idée de « cool » a forgé la culture du web share
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Comment l'idée de "cool" a forgé la culture du web

18 juillet 2014

Vous n’étiez peut-être pas aussi connectés à l’époque et certainement bien moins cool que vous ne l’êtes aujourd’hui. Vous avez peut-être raté, au milieu des années 90, l’émergence d’un phénomène qui a accompagné la propagation d’Internet : « Cool Site of the Day« . Et si le web a 25 ans, Cool Site of the Day en a quant à lui bientôt 20. Une proximité qui montre que la coolitude a quelque chose de congénital avec le fameux « réseau des réseaux« .

Lancé en août 1994, le site Cool Site of the Day se fait connaître comme « l’arbitre du goût » sur le terrain du web et a fait de son auteur, Glenn Davis, l’une des premières star d’Internet. « CSotD » (pour les connaisseurs) est un genre de trophée accordé chaque jour à un site jugé « cool« , qui attire sur lui l’attention des utilisateurs. Précieuses lumières avant l’arrivée des moteurs de recherche sur le chemin des premiers internautes, ces récompenses ont participé à l’appropriation du web par le grand public. Le terme « cool » incluant de surcroît, comme le soulignait The Atlantic, un champ assez large de sujets et d’intentions créatives ainsi mises en valeur.

L’installation d’un imaginaire fondé sur la curiosité et l’humour

La définition du « cool », mot qui étymologiquement évoque quelque chose de « rafraîchissant », demeure en effet relativement vague, si bien que toutes sortes de sites, des plus sérieux aux plus divertissants, se côtoient dans la sélection. Une imprécision, qui permet de toucher un large public, et qui de fait, comme l’évoque The Atlantic, est peut-être à l’origine de l’élévation du phénomène au rang de manifestation culturelle. Le site, et ceux qui l’ont imité par la suite, a probablement fortement contribué à installer un imaginaire fondé sur la curiosité et l’humour auxquelles sont liés les usages d’Internet aujourd’hui encore.

Dans la connotation du « cool », il y a aussi quelque chose qui lie la culture tech et la vie quotidienne, quelque chose qui semble ainsi la laisser aux mains des usagers. Cependant, comme le fait remarquer The Atlantic, aujourd’hui les occurrences du « cool » sur le web visent davantage à mettre en valeur, de façon un peu plus fouillée et plus technique, des applications élaborées ou des sites hautement créatifs à ne pas manquer. 

Mais chacune de nos expériences quotidienne sur la toile nous montre le cool originel, celui qui papillonne d’un sujet à l’autre, tout aussi curieux que paresseux, a encore de beaux jours devant lui. 

Et si vous pensez que vous n’êtes pas (encore) assez cool, direction The Atlantic.

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