Communication éphémère : entre droit à l’oubli et retour à l’intime share
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Communication éphémère : entre droit à l'oubli et retour à l'intime

14 avril 2014

Nos échanges sur les réseaux sociaux nous renvoient souvent à la question de la protection des données. Tracées par les machines, nos conversations sont conservées, archivées et mémorisées. Internet ne permettrait pas l’oubli et c’est l’injonction au souvenir qui y triompherait. Pourtant, en parallèle de ce web permanent, un autre émerge aujourd’hui : « l’Ephemeralnet » (ou internet de l’éphémère), nous raconte The Atlantic dans son article du 10 avril 2014.

Il s’incarne dans les applications comme Secret, Snapchat ou encore Confidence. Son principe ? Les contenus envoyés se détruisent dès leur ouverture. Grâce à la suppression des échanges, l’usage de pseudonyme ou encore la vitesse du flux en temps réel qui ne permettrait pas la conservation, ces applications font la promesse d’un retour à la protection de la vie privée

Et à la liste des « outils pour l’oubli » vient de s’ajouter le tout nouveau service Pluto mail. Cette fois-ci ce sont les longs messages qui sont soumis à cette règle de l’éphémère : vos emails s’autodétruisent après lecture. Selon David Gobaud, le co-créateur de ce service de messagerie, il s’agit de se rapprocher au maximum des conversations réelles pour permettre à l’utilisateur de garder un contrôle sur ses données. 

« Quand nous avons une conversation dans la vie réelle, ça ne vous suit pas tout le reste de votre vie », explique t-il.

Le développement de ces applications satellites viendrait de la bataille – notamment française – menée pour « le droit à l’oubli ».

Deux limites sont cependant à percevoir s’agissant de ce web de l’éphémère. La première est relative à la mémoire : avec Pluto mail, ce sera à votre mémoire sélective de converser ou non les messages. L’internaute n’a donc plus de support externe pour lui permettre de se souvenir. 

L’autre renvoie aux limites mêmes de ce web : cryptés, les contenus réellement supprimés qu’au moment du vidage de la mémoire cache du terminal – ainsi il est malgré tout possible de retrouver les messages. De même, la pratique des « screenshots », qui consiste à faire une capture d’écran des messages, est souvent utilisée et vient fausser la garantie de toute protection des données. Le dernier exemple en date, où deux hackers ont mis en ligne les données de 4,6 millions d’utilisateurs de l’application mobile Snapchat, montre les failles de ce système.

Pour en savoir plus, c’est ici dans l’article de The Atlantic.

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