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Des capteurs dans la ville, pour quoi faire ?

29 septembre 2014

L’internet des objets marque un tournant technologique important : le cabinet de conseil Gartner estime qu’en 2020, 26,5 milliards dispositifs seront connectés et représenteront 1 900 milliards de dollars de valeur économique. Le coût des puces ayant baissé de manière significative, la collecte des données par des capteurs posés sur tous types de supports (ponts, égouts, éclairages et poubelles) se développe, comme le révèle la BBC. Le but : faire des économies, réduire la pollution et inclure les citoyens. La limite ? Savoir où commence la vie privée des usagers et citoyens.

> Faire des économies et réduire la pollution

Grâce à l’apposition de capteurs sur les poubelles, la ville de Philadelphie estime économiser 1 million de dollars : les capteurs indiquent quand les poubelles sont pleines et évitent ainsi trois ramassages par jour. La ville de Glasgow a amélioré la performance et l’efficience de l’éclairage urbain en utilisant des LEDs et espère réaliser une économie de 50% sur sa facture d’électricité sur ce poste. Mais la ville veut aller plus loin en couplant le réseau d’éclairage avec celui de caméras de surveillance. Le but : accroître la luminosité en fonction du niveau de son. Ce projet pilote intégré au centre opérationnel de la vidéosurveillance ne laisse pas indifférent : un système habile pour résoudre les crimes pour certains, ou, au contraire, cauchemar pour les défenseurs de la vie privée. 

> Des citoyens devenus capteurs

Les villes les plus intelligentes sont celles qui sont capables d’instaurer un dialogue avec les citoyens. La ville d’Oslo s’est tournée vers les enfants pour développer une application mobile permettant de savoir où construire de nouveaux trottoirs et limiter la vitesse. Conçue comme un jeu dans lequel les enfants deviennent des agents secrets, cette application leur permet de reporter des informations sur les dangers qu’ils rencontrent sur les routes et trottoirs sur le chemin de l’école.

Les citoyens deviennent eux-mêmes des capteurs, en utilisant leur téléphone pour capter et donc lutter contre la pollution sonore, ou tout simplement en marchant. Comme le souligne  Nello Cristianni, professeur d’intelligence artificielle à l’Université de Bristol, « les cartes en direct des londoniens en train de marcher offre une grande diversité d’usages mais personne ne leur demandé leur autorisation pour contribuer au flux de données ». Là aussi, la limite reste la vie privée. « Pour le moment, nous partageons aveuglément nos données mais dans quelques années les entreprises nous paieront pour le faire. Nous réaliserons alors la valeur de nos données – jusqu’aux battements de cœur lorsque nous passons devant Sainsbury’s », une célèbre chaîne de supermarchés outre-Manche.

> Réfléchir aux mauvaises usages des données ouvertes

Imaginez une application qui indiquerait aux voleurs le meilleur endroit pour commettre leur forfait. Non seulement cette application existe, mais elle a gagné un prix dans la catégorie « sécurité » lors d’un hackaton à Amsterdam il y quelques années. Bram Fritz, son créateur et étudiant à l’époque, souhaitait « provoquer une discussion sur le rôle de l’open data dans notre société ». Avec les données publiques disponibles sur les revenus, le taux de criminalité et les problèmes signalés dans chaque quartier, de mauvais usages sont ainsi à craindre selon la BBC. 

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