Des drones livreurs de colis, c’est vraiment pour demain ? share
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Des drones livreurs de colis, c'est vraiment pour demain ?

3 décembre 2013

Les drones n’ont pas encore envahi notre quotidien, qu’on les voit déjà effectuer toutes sortes de tâches aussi utiles qu’insolites : on les imagine par exemple manger des déchets, porter secours aux personnes accidentées, aider les agriculteurs ou encore lutter contre le crime. Mais du fait des problèmes de confidentialité qui accompagnent leur usage, et du vide juridique autour d’eux, la fiction ne dépasse-t-elle pas la réalité ?

Certains ne s’empêchent pas de rêver les choses en grand, comme Anne-Caroline Paucot, une consultante « vulgarisatrice de prospective » qui a mis au point un dictionnaire des métiers du futur :

« Aux Etats-Unis, Barack Obama s’apprête à légaliser les drones en fournissant un cadre juridique à leur utilisation. On peut donc s’attendre à ce que la conception et la fabrication de drones pour toutes sortes d’usages du quotidien soit un marché d’avenir ».

Pour elle, l’usage des drones donnera naissance à de nouvelles professions, dronaliste (opérateur d’un drone reporter de guerre) ou dronadaire (livreur par drones), par exemple.

En parlant de drones livreur de colis, une vidéo d’Amazon qui commence à faire parler d’elle semble valider la vision de la prospectiviste : le e-commerçant s’y affiche en employeur de mini-robots volants, apportant votre commande directement à votre domicile.

Dans le même genre, des étudiants ont développé le « Burrito Bomber », un drone qui livre des burritos… tandis que des chercheurs du MIT envisagent sérieusement de livrer par drone des biens de nécessité, comme des médicaments ou de la nourriture, dans les zones inaccessibles. De son côté, La Poste avait annoncé il y a quelques mois « Air Drone Postal », une offre de livraison de la presse quotidienne par drone en Auvergne.

Alors certes, c’était un poisson d’avril. « Mais les poissons d’aujourd’hui peuvent aussi être les banalités de demain », commente Anne-Caroline Paucot qui relaie toutes ces histoires.
 


 

> Alors, est-il permis de rêver ?

Pas sûr. Dans un communiqué, Emmanuel de Maistre, co-fondateur de Redbird et Président de la Fédération Professionnelle des Drones Civils, tempère :

« Les drones civils, ce sont beaucoup d’innovations et de potentiels pour demain, mais ce sont avant tout aujourd’hui des usages spécifiques pour les industriels et le domaine agricole »

Bien que l’innovation caractérise le développement actuel du marché des drones civils et que la France est en avance en matière de réglementation par rapport à d’autres pays comme les Etats-Unis, il n’en demeure pas moins que l’usage des drones reste strictement restreint et contrôlé pour des usages principalement industriels, agricoles et médias, rappelle le spécialiste.

« Aussi, il ne faudrait pas que des effets d’annonce et autres fictions fassent espérer des applications qui ne sont, à l’heure actuelle, peu envisageables ».

Mais en matière de droits et libertés numériques la réglementation a l’habitude de (pour)suivre les usages dans une course sans fin… alors non, il n’est pas interdit de penser que la réalité pourrait bientôt rattraper la fiction… et d’imaginer ce que les livreurs en chair et en os vont bien pouvoir faire, désormais, de tout leur temps libre.
 

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