Des SMS contre la tuberculose

31 décembre 2012

La tuberculose est une maladie dont on guérit bien aujourd’hui, mais dont le traitement reste contraignant : les malades doivent suivre un régime rigoureux comprenant trois pilules par semaine pendant huit mois. Si ces médicaments ne sont pas pris régulièrement, le patient risque de développer une variante de la maladie plus sévère et résistante aux médicaments, qu’il sera difficile de traiter. 

A cause de cette contrainte, la tuberculose a causé en 2011 plus de 300 000 décès en Inde, alors même que le traitement est gratuit, car entièrement financé par la sécurité sociale du pays. Pour aider les patients à suivre leur traitement, l’OMS et des gouvernements du monde entier ont donc soutenu un programme appelé Directly Observed Therapy : les patients sont suivis par des « observateurs », le plus souvent du personnel de santé dans une clinique locale. Leur mission : vérifier que chaque pilule a été prise dans les délais prévus. 

 

S’il s’avère nécessaire pour enrayer l’épidémie, un tel dispositif demande une logistique efficace. Comment en effet organiser le suivi de centaines de patients par centre de soins ? 

Avec Operation ASHA, un organisme de santé spécialisé dans le traitement contre la tuberculose, Microsoft Research a mis au point une méthode de suivi des consultations entre personnels de santé et les patients. L’idée est simple : dans les dispensaires locaux, les travailleurs sont équipés d’un lecteur d’empreintes digitales, d’un terminal SMS, et d’un petit ordinateur portable. Quand un patient vient pour prendre son traitement à l’heure dite, il scanne son doigt, ce qui met à jour la base de données de l’organisation. Si un patient saute une visite, l’empreinte de doigt manquante déclenche l’envoi d’un SMS d’alerte au patient dans les 24 heures.

« C’est comme avoir un entraîneur personnel quand vous vous faites du sport », explique Bill Thies, en charge du projet chez Microsoft Research.

 


Résultat :
avec un tel système, les observateurs arrivent plus facilement à convaincre les patients de venir prendre leurs médicaments. Ils peuvent aussi mieux organiser leur travail, qui consiste aussi à aller visiter les patients qui ne se présentent pas à la clinique. Au niveau global enfin, l’existence de données systématiques aide à suivre l’enraiement de la maladie. 

Il ne reste donc plus qu’à développer le procédé : ce dispositif concerne déjà 3000 patients dans quarante centres à travers le pays, et Opération ASHA projette de l’étendre à 225 centres à travers le monde. Surtout, l’innovation n’intéresse pas que les tuberculeux : il pourrait aussi servir au suivi du calendrier de vaccination des enfants, au traitement du VIH… ainsi qu’à tous les problèmes de santé qui réclament de la rigueur et un suivi attentif du traitement.
 

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email