Apprendre d’Ebola: résoudre la barrière de la langue, un enjeu pour le rôle du Big Data dans le suivi des maladies share
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Apprendre d'Ebola: résoudre la barrière de la langue, un enjeu pour le rôle du Big Data dans le suivi des maladies

1 octobre 2014

On pourrait penser que les data scientists, à coup d’algorithmes sophistiqués, seraient les premiers à détecter en temps réel l’émergence du virus Ebola.Ce n’est pas exactement ce qui s’est passé: ce sont les médias traditionnels qui ont en premier donné l’alerte. Pourquoi ? Parce que les données ont une langue, qui diffère selon les territoires et les pays . Comment produire des informations au plus proche des réalités locales? Foreign Policy donne des pistes.

Ce sont les médias traditionnels qui ont donné en premier l’alerte aux autorités sanitaires et aux gouvernement. C’est en effet un article publié le 13 mars 2014 dans la Nouvelle Guinée qui a pour la première fois évoqué le virus, relayant une conférence de presse tenue plus tôt dans la journée par le Dr. Sakoba Keita, chef de la division Prévention et Lutte contre la maladie  au ministère de la Santé et de l’Hygiène et diffusée sur la télévision nationale. Le problème: il s’agit de médias francophones. Le lendemain, c’est Heathmap qui a donné sa dimension internationale à cette alerte, bien avant l’Organisation Mondiale de la Santé. Composé d’épidémiologistes, chercheurs et développeurs, Healthmap propose un service de détection des menaces pesant sur la santé qui se voulait pourtant en temps réel.

Dans le cas d’Ebola, la majorité des médias dans les pays concernés par le virus sont diffusés en français et portugais alors que la majorité des systèmes de traitement des données ne fonctionne qu’un anglais. Le projet GDELT est pourtant une tentative pour traduire les données issues de médias au quatre coins du monde mais il n’est pas encore capable de traduire la totalité de ces données. Pour résoudre le problème de la barrière de la langue, des outils pour traduire et traiter les données permettraient d’avoir un regard et une compréhension plus proches de ce qui se passe dans les communautés et territoires locaux.

Mais les data scientists n’ont pas dit son dernier mot face à Ebola. Selon l’Usine Digitale, les data collectées par les opérateurs mobiles présents en Afrique de l’Ouest à partir de 150 000 téléphones pourraient aider les chercheurs à venir à bout du virus Ebola en précisant  aux gouvernements où concentrer leurs efforts de soins. Les données sont ainsi traduites, anonymisées et analysées par une ONG suédoise, Flowminder et croisées avec des jeux de données plus traditionnels sur les mouvements de populations, tirés de plusieurs enquêtes.  

 

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