Ebook versus papier : la fin d’une polémique ? share
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Ebook versus papier : la fin d'une polémique ?

6 mars 2012

On le sait : de nombreux professionnels de l’édition et de la littérature ont vu d’un mauvais œil l’arrivée du livre numérique. Comparé au plaisir simple procuré par le livre papier, l’écran du Kindle semble un peu froid et désenchanteur aux yeux de certains lecteurs assidus. Mais est-ce une raison pour condamner cette évolution technologique ? L’auteur et traducteur anglais Tim Parks pense que non. Et c’est dans les vénérables colonnes du New York Review of Books qu’il a choisi de le dire.

Certes, concède Tim Parks, il faudra se réhabituer à la littérature à la faveur d’une nouvelle expérience de lecture. Exit le plaisir de compter le nombre de pages restant à lire tout en gribouillant éventuellement dans la marge, pour ensuite déposer notre trésor à côté des autres, sagement rangés dans la bibliothèque.

Mais les e-books inventent de nouveaux usages dont on pourrait bien ne plus pouvoir se passer. Ils permettent par exemple d’acheter un texte instantanément : plus besoin d’écumer les bibliothèques pour chercher un titre rare. Les e-books sont moins chers. Dématérialisés, ils n’occupent aucun espace inutile. Ils sont personnalisables à souhait : nous pouvons changer la police, la taille des caractères ou la luminosité en fonction de notre goût ou des conditions de lecture. Car après tout, quel livre traditionnel nous permet aujourd’hui de le lire dans le noir ?

Chaque innovation a eu son contingent de détracteurs. A fortiori le livre électronique, qui a cristallisé autour de lui les guerres de chapelle entre les Anciens et les Modernes. Plutôt que d’alimenter la polémique, l’auteur cherche à déconstruire l’expérience de la lecture pour montrer une fois pour toutes qu’elle n’est pas altérée par le passage au numérique, et pourquoi. Si ce qui caractérise la littérature en tant qu’art, c’est la poétique des mots et elle seule, alors elle peut s’accommoder de n’importe quel support. La douceur du papier, le plaisir de contempler des volumes empilés, etc., tout cela participe indéniablement à la satisfaction du lecteur, mais cela n’a pas pour autant d’impact décisif sur le souvenir que lui laissera l’œuvre littéraire.

Dès lors, pourquoi ne pas découvrir d’autres supports et d’autres sensations ? En dégageant l’expérience de la lecture du fétichisme du papier, le support unique de l’e-book pourrait bien offrir un accès plus direct à l’essence même de l’expérience littéraire… C’est, avec Tim Parks, tout le mal qu’on peut souhaiter à la littérature !

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