Education et numérique : une histoire d’hommes ? share
back to to

Education et numérique : une histoire d'hommes ?

7 mars 2012

Dans un article du 6 mars dernier, Bruno Devauchelle, formateur-chercheur au Centre d’Etudes Pédagogiques pour l’Expérimentation et le Conseil de Craponne – Lyon, fait le point sur l’utilisation des technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement (TICE) par les femmes. Alors que les enseignantes sont plus nombreuses que les enseignants, les hommes restent sur le devant de la scène. Pourquoi cette disparité ?

> « Les hommes sont plus présents dans le monde des technologies »

Pour Bruno Devauchelle, le constat est sans appel :

« Depuis près de trente années […], on remarque aisément que les hommes ont été bien plus souvent sur le devant de la scène que les femmes pour s’occuper des TICE. »

Un constat soutenu par le nombre d’hommes, conseillers pour les technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement (CTICE), chargés auprès de chaque recteur de coordonner l’ensemble des actions qui concernent les TICE dans l’académie… Un poste pour lequel on dénombre 29 hommes pour 4 femmes.

> Analyse d’un paradoxe

Une première piste d’explication est l’intériorisation de l’exclusion. La discrétion des femmes serait soutenue par l’association dans l’imaginaire commun du genre masculin et de la technologie. Une impression renforcée par les représentations publicitaires comme le montre Marie Paule Cani, chercheuse à l’INRIA et au Laboratoire Jean Kuntzmann.

« [Le terme d’exclusion] recouvre une réalité qui n’est pas si facilement décelable et qui amène certains à aller jusqu’à dire que ces différences sont naturelles, alors qu’en réalité il s’agit bien d’un construit social et culturel complexe, mais surtout très ancien », remarque Bruno Devauchelle.

La résistance féminine aux nouvelles technologies est la seconde piste soulevée par le journaliste :

« On peut imaginer que le monde scolaire, majoritairement féminin, a développé une résistance aux technologies, voire un rejet symétrique de la difficulté de l’ensemble de la société à reconnaître aux femmes une place égale à celle des hommes et à les accepter dans des mondes professionnels aussi symboliques que celui de l’informatique par exemple. »

> Sur la voix du changement

Heureusement Bruno Devauchelle note que le changement est en marche :

« Nombre de femmes désormais sont au premier rang des expérimentatrices innovantes des TIC en classe. »

Pour aller plus loin :

Chaque semaine,
recevez les immanquables
par email