Emoji : un langage pluriel

14 novembre 2013

S’intéresser à l’impact des technologies du numérique sur le langage, la communication et la culture, c’est porter un regard sur les nouvelles formes d’écriture. Et quoi de plus parlant qu’une étude de nos « langages-textos » pour les découvrir ? C’est ce que nous rapporte Nick Bilton dans son article du New York Times. L’objectif : comprendre comment les emojis ont conquis le monde et imposé leur langage ? Explications.

> Des icônes pour expression

Les icônes « emojis »– entre dessins proches de la bande-dessinée et émoticônes élaborées – sont les inscriptions les plus étonnantes qui ressortent de nos échanges quotidien sur messagerie.

A distinguer des ASCII ART, leurs interprétations varient et révèlent des sentiments disparates chez leurs destinataires. L’auteur Nick Bilton précise qu’entre manque d’expressivité, culture du mobile trop prononcée ou sentiment de désintérêt car reflet d’un langage automatisé, certains verront aussi dans l’emoji l’image d’un langage à part entière. Nos expressions formalisées tout en icônes emojis viendraient alors libérer l’émetteur des mots, parfois vus comme trop restrictifs. 

> Des icônes complexes dans leur langage à l’âge du sans frontières  

L’emoji aurait envahi le monde et ses langages se voudraient sans frontières, tel était le propos du journaliste Jeff Blagdons dans son article de mars 2013 pour The Verge, « Comment les Emojis ont conquis le monde« Mais comme tout langage, l’emoji porte en lui les subtilités de nos cultures. Il devient alors complexe à lire et à mettre en oeuvre pour les opérateurs de téléphonie ou pour les réseaux sociaux. D’une langue à l’autre, la traduction est parfois impossible. Il n’y aurait pas un emoji universel mais des emojis.

C’est ce que rapporte Greg Marra, chef de produit chez Facebook, qui s’est récemment déplacé en Inde et au Japon pour décrypter leurs emojis : 

« Nous avons découvert que dans la culture asiatique, l’expression sur un visage emoji n’est pas nécessairement ce qui permet de communiquer une émotion. C’est plus le contexte dans lequel ce visage se trouve qui permet de raconter. »

Alors, quiproquos entre emojis d’un pays à l’autre ? Possible. Aux Etats-Unis par exemple, c’est l’émotion sur un visage qui fait l’histoire et non son environnement.

Datant de 1995, il a été lancé par l’opérateur de téléphonie mobile NTT DoCoMo. Depuis il s’est naturalisé et se détache de ses origines de culture mobile, asiatique et des collèges pour filles. Aujourd’hui, aux Etats-Unis, il a sa propre forme de communication.

Polysémiques, les icônes emojis pourraient même remplacer nos mots, comme le révèle le livre de Fred Benenso, data designer à Kickstarter. Il est en effet l’auteur de Emoji Dick, une réécriture complète de la nouvelle d’Herman Melvelle, Moby Dicken emoji.

Pour en savoir plus sur la genèse et l’évolution des fameuses icônes emojis, c’est ici.

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