Entre l’inconscient et l’apeuré, former les audacieux share
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Entre l'inconscient et l'apeuré, former les audacieux

6 novembre 2012

Dans un débat récent, le New York Times vantait les mérites d’une bonne chute dans le processus d’apprentissage d’un enfant. Tomber d’un arbre c’est prendre conscience du danger, mais c’est également l’obligation d’apprendre à s’accrocher aux branches.

Nous évoluons dans une société qui érige la réussite comme modèle univoque. Le dogme de la pensée positive a tendance à occulter son pendant négatif, sa nécessaire limite : l’échec. Alors que le sujet était traditionnellement réservé aux poètes tragiques et au religieux, une approche didactique de l’échec débarque aujourd’hui en France. Porté par la récente explosion des valeurs de l’entrepreneuriat, l’échec est analysé et décortiqué. Du tabou – bon à nourrir la honte et la frustration – il est devenu une expérience riche voire nécéssaire. En tout cas à valoriser, comme en témoigne le succès des conférences « failcon » ou le sympathique hashtag #fail.

Ce revirement encourageant a un effet bénéfique essentiel dans un pays qui n’est pas connu pour son optimisme béat. Il remplace la négation du risque par l’apprentissage du risque. L’enjeu aujourd’hui reside dans la propagation de cette idée, au delà des entrepreneurs, il s’agit de toucher, les grands groupes, les institutions, les parents… L’échec en lui même n’a pas d’intérêt et disons le clairement, s’il ne doit pas être une marque indélébile, il ne peut pas être un objectif en soi : les réussites les plus brillantes sont souvent celles de « bizuths », Gates, Brin, Page, Zuckerberg et il vaudra toujours mieux être riche et bien portant. C’est la traduction de l’échec en termes pédagogiques qui importe. Car “le tact dans l’audace, c’est de savoir jusqu’où on peut aller trop loin.” (Jean Cocteau, Le Rappel à l’ordre , Stock)

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