Entretiens CityNext : A Nantes, mobiliser le savoir collectif pour faire avancer le numérique share
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Entretiens CityNext : A Nantes, mobiliser le savoir collectif pour faire avancer le numérique

29 novembre 2013

A l’occasion du 96e congrès des maires et des présidents de communautés de France qui se tenait la semaine dernière, mais aussi du lancement du projet Citynext pour accompagner les villes dans la mise en oeuvre de solutions technologiques au service des citoyens, nous sommes allés à la rencontre des élus français afin de mettre en lumière la manière dont ils lient le numérique et leur territoire, ainsi que l’impact des nouvelles technologies dans l’action publique locale. 

Après Marseille et Strasbourg, cap aujourd’hui sur Nantes. Entretien avec Patrick Rimbert, Maire de la ville. 


RSLN : Comment le numérique vous sert-il dans la vie politique locale ?
 
A Nantes comme ailleurs, les technologies mobiles irriguent notre quotidien jusqu’à transformer en profondeur nos modes de vie et de consommation. L’usage des TIC réinterroge notre façon de faire la ville. Les collectivités locales doivent répondre à une demande toujours plus forte des citoyens en termes de ces services. Les nouvelles technologies offrent un potentiel fort pour rationaliser la gestion des transports, partager des informations ou encore prendre des décisions… Nous avons décidé, à la ville de Nantes comme à Nantes Métropole, d’ouvrir nos données publiques et de mettre en place les e-démarches. C’est avant tout un choix politique.
L’objectif de la démarche Open-Data est bien entendu de développer le tissu économique local et d’améliorer les services rendus aux usagers et entreprises de la métropole nantaise. Mais c’est aussi un enjeu de transparence et une certaine conception de co-construction de la ville : nous pensons que la transmission, le partage et la réutilisation de ces données dématérialisées favoriseront, à terme, l’innovation et l’activité tout en améliorant la vie quotidienne des habitants.  



LES ANNEAUX De Daniel Buren

RSLN : Un exemple de politique ou d’initiative numérique qui vous inspire, en France ou ailleurs ?

J’ai envie de citer Barcelone car je sais que la Ville multiplie les initiatives numériques sur son territoire pour devenir une vraie « smart city ». La municipalité catalane a notamment mis en place un système pour détecter le nombre de passants dans la rue afin d’adapter la luminosité de l’éclairage public en conséquence. Nous savons tous combien les dépenses énergétiques représentent une part importante de notre budget et je pense que ce type de système intelligent, une fois mis en place, permettra de faire des économies en réduisant notre facture énergétique. 


STEREOLUX – LA FABRIQUE

RSLN : La ville du futur : à quoi ressemble-t-elle, quelles sont ses caractéristiques, comment y vit-on ?

Sans doute à une ville toujours plus « intelligente » dont les investissements en capitaux humains, en infrastructures d’énergie, en communication traditionnelle (transports) et en électronique (très haut débit) alimentent un développement économique durable, ainsi qu’une qualité de vie élevée. Mais elle sera encore plus intelligente si, en plus de tous ces investissements, elle garantit une gestion sobre des ressources naturelles et permet une collaboration active avec les citoyens usagers.
Nous avons justement mené un travail prospectif « Nantes en 2030 » qui montre bien notre positionnement collectif : nous sommes des « challengers perpétuels » à l’échelle Européenne. Nous ne serons jamais une grande métropole européenne qui se compte en millions d’habitants – ce n’est pas l’objectif – mais à force d’inventivité et de créativité nous arrivons parfois à rivaliser avec les grandes villes comme Berlin, Barcelone ou Stockholm. Et cela pour une raison essentielle : notre savoir collectif : une intelligence de relations, entre citoyens, entreprises et collectivités. C’est tout l’esprit du fameux « Jeu collectif à la nantaise » : se rassembler à l’échelle du territoire au service d’un projet commun, fédérer les énergies au bénéfice de tous et de chacun. Et si l’opérateur M2M m2ocity place Nantes aujourd’hui 3è ville française des villes intelligentes, ce que nous avons de belles perspectives devant nous !

l’exposition Ma Ville Demain

RSLN : Quels sont les objectifs actuels de Nantes Métropole en matière de numérique ?

A Nantes, nous avons la chance d’avoir un écosystème numérique, créatif et engagé et je pense que c’est en réfléchissant ensemble à ce que nous voulons faire de notre ville que nous pourrons y arriver. Nantes Métropole a manifesté son intérêt pour le dispositif de Quartier Numérique proposé par le gouvernement. Initié par Fleur Pellerin, ministre en charge des PME, de l’Innovation et de l’Economie numérique, cet appel à projets a pour objectif de valoriser et développer l’économie numérique notamment à l’international. Je pense que si nous obtenons la labellisation, cela nous aidera à être mieux reconnu pour attirer des entreprises ou pour accompagner le développement des nouveaux services et usages numériques…
A l’issue de la démarche de Ma ville demain , nous nous sommes fixés comme objectif de faire de Nantes un pôle d’excellence autour des questions numériques. Nous souhaitons porter une attention aux détails, à faciliter la vie des nantais et leur permettre de reprendre le pouvoir sur leur vie, leur quartier mais aussi leur consommation et leur façon de vivre Nantes.

RSLN : Comment la municipalité agit-elle dans ce domaine ?

La municipalité, et la métropole, permettent la mise en place d’équipements numériques : citons par exemple le projet d’aménagement du territoire et de mise en réseau des acteurs du numérique, le « Hub Créatic » de la Chantrerie qui rassemblera en 2014 sur 6600 m² un incubateur, une pépinière et un hôtel d’entreprises dédiés à 100 % à l’innovation numérique ou par la mise en place d’infrastructures Très Haut Débit pour les professionnels et les particuliers.
Mais également par soutien au développement de l’économie numérique et des entreprises de la filière numérique (Atlantic 2.0, Cantine Numérique, Atlanpole, etc.) en lien avec l’écosystème autour des acteurs universitaires (Université de Nantes), des entreprises et des structures. Mais aussi à des événements comme le web2day () , 2ème manifestation française dédiée au Web2.0 après celle de Paris.
Je tiens à citer aussi notre soutien à la création de la Cantine Numérique. Ce soutien répond à notre ambition de permettre à une nouvelle génération de talents de diffuser une culture numérique dans la façon de penser et de faire la ville, tout en permettant à des start-ups de trouver leur place dans le tissu économique local et mondial.
Notre territoire est riche en innovation, je suis fier de tous ces Nantaises et ces Nantais qui ont du talent, un esprit créatif et qui innovent en permanence. Cette richesse est notre force et c’est aussi pour cela que Nantes résiste mieux à la crise même si les temps sont difficiles pour tout le monde. 

RSLN : Quels dispositifs avez-vous mis en place à l’occasion de la création du label « quartier numérique » dont votre ville va faire partie ?  

On peut penser à toutes les initiatives liées à la Cantine Numérique gérée par Alliance Libre et Atlantic 2.0 qui rassemble plus de 230 entreprises que Nantes Métropole soutient en synergie avec la Région des Pays de La Loire. Lieu d’information, d’innovation et d’échange, La Cantine a en effet pour ambition de valoriser la vitalité locale de l’économie numérique et de favoriser l’émergence de nouveaux projets par la coopération et la mise en réseaux des différents acteurs de la filière. Animé en lien avec les acteurs de l’innovation comme Atlanpole et le pôle de compétitivité « Images et Réseaux », ce lieu accueille de plus de 200 personnes par mois dans l’espace de co-working et rassemble régulièrement les start-up du web 2.0 lors d’évènements thématiques : e-commerce, ressources humaines, veille juridique, etc … A la fois centre de ressources et plate-forme d’innovation, nous voulons donner la preuve que Nantes peut devenir une capitale numérique européenne et que cette nouvelle économie peut créer des emplois et des richesses. Déjà, sur le territoire de Nantes Métropole, l’économie numérique représente 18 000 emplois dans plus de 1 500 entreprises. 


La Cantine Numérique de Nantes

RSLN : Le lancement en octobre 2013 d’e-primo, l’espace numérique de travail (ENT) pour les écoles maternelles et élémentaires est une initiative pour éduquer au numérique mais également destinée fournir des outils numériques aux enseignants, parents et élèves afin de les aider à « apprendre » avec le numérique. Quelles sont vos ambitions pour l’éducation numérique ?

C’est un projet encore au stade d’expérimentation, mais la réussite éducative de nos enfants est au cœur de nos priorités. Cet espace numérique partagé est en cours de lancement dans quatre écoles d’un de nos quartiers en partenariat avec l’éducation nationale. Ce nouveau service en ligne répond aux objectifs que nous nous sommes fixés : faciliter la production et le partage de ressources éducatives avec les parents et les partenaires éducatifs.
Nous sommes convaincus que le numérique peut favoriser l’apprentissage des enfants  et accompagner les parents dans cette connaissance du numérique. Nous souhaitons structurer nos actions en ce sens.

Un dispositif « monecocity » vient d’être lancé pour développer, encadrer, piloter les initiatives participatives locales dans le domaine de l’économie sociale et solidaire. L’idée serait-elle d’aller vers le développement du « local’acteur »?

Ce dispositif est une idée d’un porteur de projet du territoire que nous accompagnons depuis peu : l’association Nous & co,  partenaire local nantais de « monecocity ». Cette  plateforme collaborative de l’Economie Sociale au service de l’agglomération nantaise nous intéresse car il s’agit d’un projet innovant susceptible d’apporter un plus au territoire, via une plateforme de la vraie vie pour les particuliers, les professionnels, les associations et les collectivités. Nous devons faciliter et impulser les projets, les aider à se structurer pour que Nantes reste une terre de solutions.
On sent bien que l’on est à un tournant et qu’il a encore plein de champs à explorer, je suis convaincu que le prochain mandat permettra de donner une nouvelle impulsion à tous ces projets. Et pour cela, je compte sur la mobilisation de tous les talents Nantais !


LES MACHINES DE L’ÎLE (Les Nefs et quai Fernand-Crouan)

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