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Face à Internet, les radios FM restent tenaces

8 septembre 2014

On aurait bien vite fait de sacrifier les radios FM sur l’autel d’Internet. Car si le Web leur impose de repenser l’expérience qu’elles offrent aux auditeurs, les radios en streaming et les webradios ne se révèlent pas être les concurrentes majeures que l’on s’imagine. C’est ce que développent Marielle Luc et Harmony Suard, qui sont allées à la rencontre de plusieurs professionnels du secteur, dans un article de la revue Effeuillage.

Si l’essor de services de musique en ligne comme Deezer ne peut être contesté, l’expérience reste aujourd’hui différente : écouter la radio dans une voiture ou dans un lieu public relève d’une expérience collective propice aux échanges et aux conversations. L’auditeur est conscient de faire partie d’un large groupe qui prête ses oreilles à la programmation finement travaillée de la radio. Le Web ne menace donc pas les radios, au contraire. Il leur permet d’élargir leur audience en proposant par exemple des webradios spécialisées, à l’image ne NRJ qui en compte 154, pour les passionnés et permettent à quiconque d’écouter à distance partout dans le monde.

Les programmateurs, pas encore au bûcher

Qu’en est-il alors du streaming ? Derrière son écran d’ordinateur ou son smartphone, l’auditeur s’engage dans une expérience plus personnelle et cherche lui-même des titres. Peut-on donc considérer qu’il est son propre programmateur ? Pas tout à fait, car il est rare qu’il écoute tout ce qu’il a sélectionné et se tourne régulièrement vers des titres qu’il connaît déjà. De plus, comme l’explique Pedro Dias, responsable d’antenne chez Fun Radio :

« Quand ils ne sont pas curieux naturellement, les utilisateurs ont besoin que l’on fasse des choix pour eux. De cette manière, la radio et plus particulièrement la radio musicale va permettre de faciliter cette écoute. »

Pour les professionnels, les radios en streaming et FM sont donc complémentaires, car elles ne correspondent pas aux mêmes usages et ne répondent pas aux mêmes attentes des auditeurs.

La radio FM traditionnelle attire même encore de nombreux annonceurs et les investissements publicitaires sont en nette augmentation par rapport à 2012 (+ 4,7% de recettes brutes annuelles en février 2014). Interrogé par Effeuillage, Alban Martin, directeur social media et digital marketing au sein du groupe Orange affirme : « La radio n’a aucune raison de changer tant qu’elle la publicité pour la faire vivre ». 

Vers un média d’image ?

Mais les radios de streaming ne sont pas seules à avoir émergées sur le Web et les plateformes de vidéos en ligne se révèlent être de sérieuses concurrentes. De fait, ces dernières proposent également des playlists et ont l’avantage d’offrir l’image au son. Une problématique que soulevait l’année dernière Alexandre Lenot, du pôle nouveaux médias de Radio France et entre autre en charge du réseau musical RF8, lors des 50 ans de France Culture : 

« On ne peut pas laisser un écran vide, donc il y a une logique d’image mais qui n’est pas une logique industrielle. On ne peut pas se mettre sur l’audiovisuel, car ce n’est économiquement pas possible. Les médias sont forcés d’être « multimédias » aujourd’hui mais on a pris des années à permettre une écriture radiophonique, il faut juste que l’on trouve la bonne manière de l’adapter à l’écran. Nous ne sommes qu’au tout début de l’écriture avec le second écran. »

Mutations à suivre donc …

Pour en savoir plus et retrouver l’article d’Effeuillage, c’est ici.

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