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Faire des Big data une "révolution juste"

16 septembre 2013

Face à l’arrivée des Big data, certains s’inquiètent de ce qui pourrait advenir à ceux qui laissent trop de traces numériques à leur sujet, sans pouvoir les contrôler. D’autres s’inquiètent précisément de l’inverse : alors que de plus en plus de décisions sont prises à partir des données laissées sur le web par ceux qui l’utilisent, qu’arrivera-t-il aux gens qui ne génèrent pas de données du tout ? C’est la question que pose Jonas Lerman, un conseiller juridique au Département d’État américain dans un essai paru dans le Stanford Law Review, et que relaie Fast Co.Exist.

Y aura-t-il une nouvelle fracture numérique spécifique aux Big data ? Quand l’analyse de données sert à produire des biens et services au plus proche des besoins du consommateur, et à prendre des décisions comme le lieu d’ouverture d’un nouveau magasin ou un prix de vente, ceux qui ne participent pas à la production de données pourraient bien être laissés pour compte – en quelque sorte, « privés de parole », avertit Jonas Lerman. Et les décisions commerciales ne sont pas les seules concernées, la Maison Blanche ayant décidé d’investir 200 millions de dollars dans l’analyse de données comme aide à la décision politique.

« Cela pourrait restructurer la société de sorte que les seules personnes qui comptent soient celles qui contribuent régulièrement aux bons flux de données », explique Jonas Lerman.

En prenant pour exemple deux usagers d’Internet, un cadre hyperconnecté vivant à Manhattan et usant de nombreux services numériques, et un travailleur pauvre d’une petite ville, Jonas Lerman montre qu’en étant invisible aux Big data, le second connaîtrait encore moins d’opportunités dans un monde façonné par les Big data que dans l’actuel. 

La solution ? Qu’en connaissant ce biais, les analystes de données fassent systématiquement deux analyses, dont une adaptée aux publics qui ont une moindre empreinte numérique. Selon lui, cette précaution pourrait même être imposée par la loi, par exemple au moyen d’un amendement de la loi de 2008 qui interdit, aux Etats-Unis, toute discrimination sur la base d’informations génétiques.

« Veiller à ce que la révolution Big Data soit une révolution juste, dont les fruits sont largement et équitablement partagés, peut également exiger, paradoxalement, un droit de ne pas être oublié, un droit contre l’exclusion », conclut-il.

Pour lire l’histoire complète, c’est par ici, sur le site du Stanford Law Rewiew ou par là, sur Fast Co.Exist ! (en anglais).

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