Faut-il tracer les déplacements de tous les habitants pour mieux gérer les catastrophes naturelles ? share
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Faut-il tracer les déplacements de tous les habitants pour mieux gérer les catastrophes naturelles ?

3 septembre 2014

Comment se déplacent les habitants paniqués d’une ville en proie à une catastrophe naturelle ? Parce que la connaissance des mouvements de foule aide les autorités à mieux déployer les ressources humanitaires et les secours, des chercheurs de l’Université de Tokyo se sont penchés sur la question. En utilisant les données GPS des téléphones mobiles récoltées lors du séisme de magnitude 9 de 2011, Xuan Song et ses collègues ont construit un modèle qui permettra de prédire les déplacements des individus dans les villes du Japon lors d’une prochaine catastrophe. Explications avec FastCompany.

Le Japon dispose déjà d’un système sophistiqué de prédiction des risques sismiques… mais il ne prévoit pas encore les comportements humains. Or, dans les heures qui suivent de telles catastrophes les autorités régionales luttent pour allouer les ressources nécessaires au bon endroit. Afin de pallier à ce problème, Xuan Song a réussi à analyser les mouvements humains, identifiés grâce aux coordonnées GPS de leurs smartphones. Par exemple, il a pu voir où allaient les gens lorsque les bouteilles d’eau se faisaient rares, que les trains s’arrêtaient ou encore, lorsque les voitures bloquaient les rues de Tokyo. Son modèle tient compte également des liens sociaux d’une personne, des niveaux de dommages qu’a subi sa résidence, des lieux d’hébergements disponibles et de l’ensemble des flux de réfugiés environnants, pour prédire où il pourrait se déplacer. Sur la base de ces informations, le modèle recommandera des itinéraires afin de planifier les transports et de mieux gérer l’allocation des ressources. 

Financé par des subventions du gouvernement japonais, le modèle pose malgré tout des enjeux de confidentialité et de protection des données, note FastCompany. En effet, rétroactivement, le modèle permet de voir tous les déplacements de chaque habitant de la ville, et même si les data sont anonymes et ne révèlent que des coordonnées espaces-temps, en étudiant les occurrences des flux quotidiens on pourrait retrouver l’identité d’une personne. Ce qui nous ramène à une question récurrente en matière de Big data : jusqu’où est-on prêt à sacrifier notre vie privée pour assurer notre sécurité ?

Pour en savoir plus, c’est par ici.

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