Finalité, identité et interactions

28 février 2012

Poser la question de l’utilité revient à poser la question de la finalité : est-ce que ça sert encore à quelque chose aujourd’hui d’être anonyme sur le web ? On pourrait dire que non au vu des techniques de désanonymation, non face à la tentation de la visibilité, non pour satisfaire à l’injonction démocratique de la transparence.

Mais poser la question de la finalité de l’anonymat, c’est interroger le cadre d’usage d’une identité : c’est reconnaitre à l’anonymat un caractère vital en cas de dictature, obligatoire au regard du secret professionnel, indispensable pour le respect de la vie privée. Ainsi, chaque cadre d’expérience sociale peut se définir par un processus où l’identification est négociée avec les pairs ou définie par une autorité, et où l’anonymat peut être pertinent ou non (acheter sa baguette, exprimer une opinion dans l’espace public).

Mais poser la question de l’anonymat sur le web, c’est aussi croire qu’en ligne il n’y a qu’un seul cadre d’interaction : si le web reproduit les espaces sociaux existants, il se doit de contenir toutes les modalités d’identification, dont l’anonymat, et ne pas déterminer l’usage de l’identité par son cadre technique (les adresses IP et autres identifiants).

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